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merci de ton comm. pour la prairie fleurie ici semée, nous avions acheté chaque espèce séparément & mêlé les
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Date de création : 16.01.2008
Dernière mise à jour : 29.03.2015
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07.4 - un combat amitié vers une entropie désordonnée - p

07.4 - un combat amitié vers une entropie désordonnée - p

07.4 - un combat amitié (lutte aide co-réalisation bourgeonnement complexification diversité) vers une entropie désordonnée - 150331

Notre goût vers la nature ne se départit que par exception de l’anthropomorphisme que notre ego tend à projeter sur l'écran de notre vision du monde.  La raison en est d'une perception trop décentrée vers la tête, départie de notre centre & occupée par la vision oculaire, la conceptualisation mentale & l'énergie d'émotions que ces deux combinées en leur dualité génèrent à l'instar d'une dynamo.  La nature en son état réel est un affrontement des éléments.  Dans un écosystème naturel livré à lui-même, nous observons souvent un combat sans pitié, une lutte pour la vie.  Le milieu naturel est lors une arène où l'individu s'efface devant la puissance qui seule compte : le collectif exprimé - en science physique - par la diminution d'entropie que l'apport d’énergie solaire à l'écosystème permet.  L'entropie dit-on est une mesure du désordre.  L'écosystème dans le cours de son évolution, sa transformation sans fin pourtant crée de la diversité & de la complexité, ce faisant il peut prendre en diverses phases de ces transformation ce qui sous l’œil qui juge, pourrait paraître un chaos.

Nous pouvons aussi nous départir de cet anthropo-centrement, ce point de vue du moi, l'ego tissé de cupidités & de peurs.  La cupidité, c'est se désirer plus riche que le voisin.  C'est une jalousie donc, cette crainte infantile.  La peur n'a qu'une forme, celle de la mort.  La peur de la mort est en fait une peur de souffrir.  En méditation Vipassana par exemple, nous pouvons découvrir que plaisir & douleur sont des illusions que notre mental projette sur des situations contrastées.  Les gens de Québec sortent en chemisette lorsque la température est proche de Zéro.  Pour la même vêture les habitants de Marseille exigent que l'air soit à vingt degrés (Celsius) au moins.  Il en est de même de la douleur, colorée d'habitudes & d'adaptation.  Le thermomètre ne permet d'anticiper le comportement vestimentaire d'une personne qu'en prenant en compte la valeur relative de son habitus & de sa culture. Il n'existe pas d'"algomètre" pour mesurer la souffrance.  Chacun la définit selon sa conscience.  Un enfant pleure pour une infime coupure.  Un vétéran peut supporter un blessure grave sans broncher.

 

Nous pouvons avoir en regardant le cliché une idée des luttes & combats entre les espèces.  Les espèces en cause sont ici les végétaux en leur reconquête d'une friche de déprise agricole pour la transformer en forêt.  Le stade forêt est dit-on le climax de la végétation, la forme de population la plus stable en climat tempéré sans intervention humaine.  Le fait qu'une forêt soit l'état vers lequel toute végétation laissée à elle-même tend est dû probablement à l'utilisation optimale de l'eau des précipitations & de la lumière solaire que ce type de végétation haute permet.

 

En une forêt, les plantes de chaque strate bénéficient de la lumière rémanente qui traversa la ou les strates situées au dessus.  Cette organisation du groupe & des espèces conduit à capter tout de l'énergie lumière disponible en un lieu.

En une forêt, toute matière laissée morte se recycle en ces humus qui sont la clé vers l'eau & vers l'or - la richesse, la fertilité, l'abondance, la luxuriance.  Les chaînes trophiques complexes dans le sol - que les écologistes débutants dénomment recyclements - permettent un usage maximal de toute eau disponible en un lieu, car l'humus est la matière la plus apte à stocker l'eau pour la restituer ensuite.

 

Notre oeil apprécie de voir les grands arbres car ils nous parlent des équilibres & antagonismes des forces en jeu en la vie, car ils disent des passés lointains, des pays éloignés souvent, car ils nous causent en leur silence lumineux de notre enfance & des projections vers l'éternel d'un futur possible & vers le ciel.

Pourtant, dire l'âge d'un arbre est trompeur.  D'un arbre de cent ans, seul le collet - le point frontière en tige & racine - a cet âge.  Dix centimètres au dessus du sol, l'âge n'est plus que quatre-vingt-dix-neuf ans & ainsi de suite.  La jeune pousse de printemps que ce centenaire fera au printemps prochain est encore à naître.  En cet être grand, la vie & la mort, l'âge & la naissance se côtoient.  On ne peut les dissocier.  C'est pourquoi Francis Hallé compara un arbre à une colonie de colonie de corail, pour indiquer que parler d'un individu arbre est un trompeur.

 

La photographie montre que les arbres vivent aussi & surtout sans doute de la mort d'autres arbres qui deviennent les humus de leur croissance.  Entraide, synergie, compétition & sélection sont des mots qui nous masquent la réalité de la vie.  Une seule réalité domine dans un écosystème - & la planète entière en est un.  En cette réalité, l'individu est un membre participant au collectif.  Dès que le besoin s'en fait sentir, l'individu mourra pour que le groupe constitué de toutes les espèces sans nombre ni début ni fin existe, se maintienne, bourgeonne, se répande, évolue, diverge, reconverge, se transforme en se complexifiant.

Il est des stades particuliers au cours de ces processus d'évolution qui comme ici nous paraissent être des chaos, des destructions, des chutes, du désordre.  Cela est dû à un ordre de complexité dans le temps & l'espace que le mental & les sens ne savent pas percevoir sans se projeter - dans l'instant - au moins mille ans au passé & mille ans au futur.  Vouloir introduire de l'ordre dans ce désordre apparent équivaudrait à détruire la vie, ordre d'un niveau de complexité bien plus haut que ce que nos sens savent apercevoir.



02.12 - d'elle naîtra la solution à la question - p

02.12 - d'elle naîtra la solution à la question - p

Nous pouvions voir au couchant il y a un mois une conjonction de Vénus & Mars.  La planète de l'amour & la féminité nommée autrefois étoile du berger, semble une petite lune si brillante & lumineuse en comparaison de la planète de l'action, des guerres & du masculin, petit point rouge à peine visible.  La contemplation est plus puissante que l'action.  Les femmes sont plus fortes en tout, sauf peut-être le close combat.  C'est pour cela que les hommes ont peur.  Partant, ils cherchèrent par tous moyens à portée à les opprimer, les cacher sous des niqabs & des soutifs, voire même les exciser en des tentatives avortées de réduire leur puissance sexuelle.  En les sociétés guerrières, l'oppression féminine fut la contre-partie du prix du sang.  Comme c'est le cas en toute oppression, les victimes y participèrent elles-mêmes.

Sont-ce les femmes qui instiguent les rivalités qui s'amplifiant, peuvent devenir guerres ?  Souvent nous le vîmes.  Quoi qu'il en soit, elles ont tout pouvoir de s'opposer à leur éclosion, si elles voulaient protéger vraiment leur progéniture.  Le plus souvent nous déclarons combattre pour nos enfants : nous créerions soi-disant de la violence au nom de l'amour, un peu comme ces fols combattants qui guerroient au nom de Dieu.  Or c'est justement cette lutte, ce combat contre l'altérité des autres qui rend la société violente.  La conséquence inévitablement manifestée en sera que nos propres enfants s'y trouveront tout autant soumis, risquant d'en tomber victimes tôt ou tard.  L'amour nous incite en revanche à pacifier nos rapports au monde & aux autres : "Essayons l'assertion inverse." nous suggère-t-il.  It means to give up instead of fighting.  Il nous montre comment opter pour le renoncement plutôt que le combat, voir que les deux ne font qu'un, qu'il vaut mieux donner par anticipation ce dont en tous les cas la vie nous déprivera - puisque rien ne dure vraiment.  Des femmes donc & de l'amour qu'elles sauront développer naîtra la solution à la question de la violence économique & financière.

Pour l'heure cette forme de la guerre financière se trouve exacerbée parce qu'en train de se substituer progressivement à la violence antique des combats guerriers.  Cette substitution est d'ores & déjà le premier pas d'un inexorable élan de pacification dont leonze septembre 2001 marqua le tournant.  Depuis lors, les guérillas se multiplient, mais c'est bien surtout la forme de la guerre économique qui domine.  Le trader des marchés boursiers est typiquement un jeune mâle drogué au sexe & à cocaïne - les mots bourse & action évoquent cette virilité supposée.  Les mathématiciens & informaticiens qui inventent les martingales permettant de s'enrichir du seul fait de déjà posséder sont eux aussi surtout des mâles humains.  Une impression de similitude avec la démarche guerrière nous saisit.  Cette guerre sous forme mafieuse & financière est - & c'est paradoxe - déjà un premier pas vers la paix qui nous guette.

C'est aux femmes de désarmer les mâles malfaisants.  *Lysistrata d'Aristophane, réussit à convaincre ses compagnes de résistance non violente, se refusant à leurs maris pour garantir la paix & mettre fin à la guerre du Péloponnèse. *(edited from Wikipedia)

02.12 - le renoncement & le combat - p

02.12 - le renoncement & le combat - p

Comment les candidats de droite peuvent-ils recevoir même la moitié des suffrages à une élection, tandis qu'il n'y a pas une moitié de riches dans un pays par définition même - la richesse étant une valeur relative au revenu médian & non pas au revenu moyen ?  Il est des individus qui votent à droite tandis qu'ils sont retraités ou employés dans la police par exemple - payés d'argent public donc.  C'est là une trahison de leur classe relevant peut-être du syndrome de Stockholm.  Oubliant qu'ils doivent leur prospérité surtout à la mise en commun de l'essentiel, ils ne considérent que leur propre mérite.  Ce mérite certes n'est pas nul - so what ?  Pour voter à droite, un péquin moyen doit s'autoriser à mépriser ceux qu'il juge différents & en conséquence moins méritants que lui...

Des idées de droite m'approchent parfois lorsque je me sens le coeur dynamique.  Elles me quittent bientôt dès que la fatigue me gagne.  Où réside la différence en définitive ?  En biologie, selon le constat qu'elle permet la fonction, la forme est tout.  Peut-on en venir à observer les humains sur ce même mode ?  Je dois reconnaître que je tends à le faire : être de droite enlaidit à plus ou moins brève échéance, car c'est un enfermement sur soi.  C'est cette laideur qui me repousse.  Leurs maisons sont laides & propres.  Leurs voitures sont laides & grosses.  La beauté sophistiquée de leur plastique ne me séduit pas : de leur visage nulle clarté n'émane.

Que font les millionnaires de leurs millions ?  Rien : ils se paient des gueuletons, des maisons vides & des conjoints insipides.  Que font les pauvres de leurs centimes ?  A peu près la même chose.  Donc, voler l'argent du peuple pour s'enrichir est vain car on ne peut rien en faire...

Le renoncement & le combat sont les deux faces du développement de l'humain en chacun qui consiste à regarder non pas avec les yeux, la pensée & les émotions, mais plutôt avec le thorax, le centre de la tête & le ventre tout à la fois.*

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*ainsi que sommairement décrit à l'article 14.2 cette observation holistique se produit par alignement de la glande pinéale ou épiphyse avec le système nerveux entérique, la glande pituitaire ou hypophyse, l'hypothalamus, les gonades, le pancréas, les ganglions orthosympathiques de la zone thoracique & les chaînes paravertébrales de ganglions rachidiens sympathiques lombaires, sous le contrôle des neurones parasympathiques du myocarde - sinus & oreillette droite, atrium droit, nœud sino-auriculaire de Keith & Flack.

5.c adventices de rotation engrais-vert ARE / 1 photo /

Publié le 27/03/2015 à 13:24 par marssfarm Tags : natural farming hiver agrinature fukuoka travail photo automne fleurs
5.c adventices de rotation engrais-vert ARE / 1 photo /

Voici une photographie prise à l'automne d'un couvert ARE - adventices de rotation engrais-vert.

Il s'agit d'une prairie fleurie semée de deux cents espèces fleurs & fourrages.

5.3 adventices de rotation engrais-verts / couvert ARE / p

Publié le 27/03/2015 à 08:16 par marssfarm Tags : natural farming agrinature fukuoka automne photo travail hiver
5.3 adventices de rotation engrais-verts / couvert ARE / p

La photographie prise à l'automne d'un couvert ARE - adventices de rotation engrais-vert - d'une moutarde semée en septembre - 10 kg/ha - évoque un mars, compte tenu du fait que l'automne lui fut doux.  Elle gèlera au cours de l'hiver mais ce faisant assurera une protection & un nourrissement continu du sol tout au cours de la saison froide.

En semant la moutarde en mai, il est possible de réaliser un semis direct - soit sans travail supplémentaire du sol - de seigle - 150 kg/ha - en mélange à de la vesce commune - 50 kg/ha - par exemple.  Le roulage du seigle au printemps suivant au moyen d'un rouleau packer ou d'un rouleau faca établit un tapis de couvert du sol où des potagères en mottes - salades, choux, potimarrons - en plants - poireau, oignon, ail - ou en tubercules - pomme de terre, topinambour - sont plantées.  Ce tapis de protection peut également accueillir des semis de fabacées - soja, haricot, pois & fèves de printemps - ou de potagères racine - carottes, persil, navets, rutabaga, radis.

Si les cinq conditions de date, espèce, variété, densité & nutrition sont respectées, aucun travail supplémentaire n'est requis après semis ou plantation.

 

07.4 - le stade fruticée ou lande à fruitiers - p

Publié le 26/03/2015 à 09:56 par marssfarm Tags : natural farming agrinature fukuoka neige animaux pensée oiseaux
07.4 - le stade fruticée ou lande à fruitiers - p

07.4 - le stade fruticée ou lande à fruitiers - 150326

Au centre de la parcelle qui se reboisa de manière spontanée & progressive après que l'activité agricole la délaissa à compter des années 1950, nous voyons les traces de la végétation qui fut le premier stade de reconquête du terrain.  Il s'agissait d'une fruticée ou lande à fruitiers.  Les arbres fruitiers sauvages s'installèrent en tout premier lieu, semés par les oiseaux & autres animaux.  Ils sont d'essences qui apprécient les forts éclairements & se trouvent maintenant en voie de péricliter à mesure que le couvert du bois se trouve refermé par des arbres d'espèces plus forestières comme le frêne - bien adapté à la fraîcheur du terrain - & le chêne rouvre au pivot capable de perforer toute couche d'argile & même le granite le plus dur en climat océanique.

Les glands sont des fruits-graines lourds & de ce fait les chênes ne peuvent coloniser une parcelle qu'avec lenteur.  Ils progressèrent en ce cas à partir de la périphérie de la parcelle où l'espèce demeura présente même au temps historique d'un très faible taux de boisement en cette région.  Ce cas se présenta au tournant du dix-neuvième & du vingtième siècles, avant que le grand exode rural accéléré par les deux guerres mondiales, ne se produise.  Malgré la haute pression de déboisement qui s'exerçait alors, quelques chênes étaient demeurés dans les haies périphériques des parcelles, sous forme d'arbres de haie, trognes, têtards ou arbres d'émonde.

Avant le vingtième siècle qui vit l'apparition de la mécanisation & les subséquents regroupements des parcelles, des haies marquaient chaque limite & les terrains étaient disposés en terrasses.  La haie marquait le talus qui était toujours doublé d'un fossé ou d'une rigole.  Si le dénivelé était fort entre deux parcelles, un muret devait soutenir la parcelle haute.  En cas de dénivelé faible, un mur vrai pouvait être construit comme marque d'une limite.  Au temps où la presque unique source d'énergie dans les campagnes était le bois, ces arbres de limite en assuraient la production.  C'est pourquoi malgré le besoin extrême en terres qui régna ici à la fin du dix-neuvième siècle, quelques arbres avaient été laissés à cette fin de production de combustible pour la cuisine & la cheminée.

Les troncs tombés au sol & les arbres brisés ici visibles indiquent qu'à l'âge de soixante ans, la futaie spontanée de rouvres tend déjà à se refermer tant & si bien qu'un processus naturel d'éclaircie s'y enclencha déjà depuis plus de dix ans au rythme des accidents climatiques que sont les sécheresses, les vents de tempête & les excès de pluie ou de neige : des arbres prospèrent tandis que d'autres s'effondrent & leur laissent la place.  Nous devons avoir en pensée que chaque gros arbre d'une forêt, fut-elle spontanée ou plantée, est le survivant d'une centaine ou d'un millier de ses confrères éliminés par sélection.

12.8 croissance d'une terrasse soli-pluviale / p

Publié le 25/03/2015 à 10:12 par marssfarm Tags : natural farming soi chien agrinature fukuoka rouge vie photo fleurs éléments dessin
12.8 croissance d'une terrasse soli-pluviale / p

croissance d'une terrasse soli-pluviale, le drainage de pédogenèse, le drainage d'irrigation

Nous observons ici le stade début du phénomène croissance d'une terrasse soli-pluviale.  Au premier plan, une rigole reconstituée marque la limite ancienne des parcelles.  A droite, coule le ruisseau reconstitué de la fontaine du haut du Mas, alimenté par deux sources voisines sises plus haut.  Des arbres & buissons furent plantés & semés le long du ruisseau & de la rigole pour ouvrir la couche d'argile sous-jacente & produire de l'humus - chênes rouges, châtaigniers, noyers, saules marsault, saules osiers, frênes, bouleaux, chênes rouvres, noisetiers, framboisiers, cassis, mure, groseille, alisier...

Avant d'entreprendre toute action, nous avions creusé un peu en aval de ces lieux un bassin de rétention anti-érosif.

Le ruisseau coule vers nous avec une pente de quelques pour-cents.  La parcelle future terrasse est d'une pente générale d'environ un pour-cent en direction du ruisseau, mais horizontale en sa partie basse que nous voyons sur la photo.  En son état actuel, ce bas de la parcelle est apte à accueillir des espèces à rhizomes ou hygrophiles telles que les joncs, les chiendents, les renoncules, le lotier des marais, les saules marsaults, les trembles & chênes sessiles, ainsi que nombre d'herbes & fleurs des marais - peu d'espèces agricoles, nous le voyons.

L'idée est de provoquer la montée par gonglement biologique de cette zone au sol compact & tassé, en vue d'y planter des pommiers ou autres arbres fruitiers.

Les matériaux extraits par curage du ruisseau & de la rigole devant nous, sont déposés en bordure de la parcelle à constituer en terrasse sans qu'ils ne soit besoin de les épandre.  Dans cette configuration de reconstruction des rigoles & même du ruisseau, il est besoin de les curer souvent & la quantité de matière ainsi extraite chaque année est considérable.  L'observation par le passé sur d'autres parcelles nous indiqua qu'effectuer ces dépots suffit à ce que le niveau général du sol de la parcelle s'élève pour s'établir en une terrasse horizontale - ou en une pseudo-terrasse légèrement pentue lorsque la pente originelle est plus forte.

Mêler des branchages & rameaux à ces dépôts accélère grandement le processus, mais sur cette parcelle, nous ne l'avons par déjà fait.

Dans le processus de terrassement naturel, trois niveaux de référence interagissent selon la pression exercée par chacun d'eux.  Ces trois niveaux qui s'ajustent sont respectivement la nappe d'eau du sol, le niveau de la parcelle en son centre, & le niveau des dépôts effectués près du ru & de la rigole.  D'une part, l'activité biologique - la croissance des racines des plantes présentes & l'activité de forage des macrofaune & mésofaune du sol - élève le sol dans la parcelle en augmentant sa structure, sa portance & partant son volume.  D'autre part, les précipitations reues, en en lessivant les éléments fins, tendent à abaisser la hauteur des dépôts de matière organique & minérale se trouvant à la périphérie de la parcelle.  Ces éléments fins issus des produits du curage des rigoles & du ruisseau ont un effet fertIlisant notable.  La pression supplémentaire exercée par la pressence nouvelle de ces dépôts périphériques tend à chasser un peu de l'eau du sol pour favoriser son écoulement vers les rigoles & en direction du ru.  C'est par la combinaison de l'ensemble de ces facteurs interagissant que la terrasse soli-pluviale s'établit.

En permettant à l'eau d'y circuler à nouveau, nous rendons possible une augmentation de l'activité biologique dans le sol.  Sous l'énergie des forces de vie citées plus haut - les racines & la faune souterraine notamment - le sol s'expand, enfle, gonfle.  En s'élevant, il se dissocie plus encore de la nappe d'eau en excès qui paralysait, freinait l'intensité de la vie & les transformations de l'humus en son sein.  C'est pourquoi l'amorce de drainage que nos rigoles initièrent peut être nommée "drainage de pédogenèse".  Ce drainage naturel par rigoles, loin de priver le sol de l'eau dont il a besoin, tout à l'inverse la lui rend disponible en offrant à la parcelle un potentiel de croissances végétales nouvelles.  Les plantes nouvellement présentes sont à leur tour elles-mêmes génératrices d'humus & partant, d'une fertilité accrue.  C'est pourquoi nous pouvons aussi nommer le dessin de ces modestes rigoles judicieusement situées un "drainage d'irrigation".

023.5.2 - dessiner ensemencer nourrir réjouir apaiser - p

023.5.2 - dessiner ensemencer nourrir réjouir apaiser - p

"Les projections envisagent que la production agricole mondiale devrait doubler entre 2000 & 2050 en basant 90% de cette augmentation sur un accroissement des rendements & de l'intensité culturale (nombre de récoltes par an sur une même superficie), tandis que 10% seulement proviendraient de l'extension des superficies cultivées (FAO).  Cela se traduirait par un taux d'accroissement annuel des rendements de 0,8% entre 2000 & 2050, contre 1,7% entre 1960 & 2000 & par une superficie de  70 millions d'ha cultivés supplémentaires.  Ce scénario prévoit une diminution de la sous-alimentation chronique dans les pays en développement – à la fois en proportion de la population totale (de 17% à 3,9%) & en nombre absolu (de 810 millions à 290 millions) – mais une persistance de cette sous-alimentation dans les pays où elle sévit sévèrement ce jour : où la croissance démographique est forte & les ressources agricoles limitées." *

* d'après Sylviane Tabarly, ENS Lyon / Dgesco, pour Géoconfluences le 23 juin 2011  mise à jour :  23-06-2011 Copyright ©2002 Géoconfluences - Dgesco - ENS de Lyon. Tous droits réservés, pour un usage éducatif ou privé mais non commercial.

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Les perspectives des nations unies concernent l'agriculture industrielle utilisant des intrants.  Nous savons les dangers que ce type d'agriculture présente pour l'érosion des sols, la pollution des eaux, la santé humaine & les tensions sociales.  La prospective des méthodes de l'agriculture naturelle envisagent plutôt le point de vue d'une agriculture artisanale & locale.  Leurs modes & méthodes, en considérant la globalité de la question rurale permettent d'équilibrer les flux de fertilité utilisant les cycles & recyclements des éléments fertilisants.  En les régions rurales habitées, les équilibres sont réalisés à l'instar de ce que pratique Josef Holzer sur sa ferme forestière des montagnes d'Autriche, combinant les diverses formes de plantes - des arbres fruitiers, des ligneux, des potagères, des légumes, des céréales & la végétation spontanée - avec la fréquentation animale, les animaux d'élevage.  Ces modes dits naturels ou holistiques de cultures combinées complexes permanentes, proposent de réserver une part notable de la production organique - biomasse & nourriture - au bénéfice de l'accroissement des fertilités vers la luxuriance.  Il s'agit de produire de l'humus par captation de l'azote & du carbone de l'atmosphère vers les sols avec comme source d'énergie la lumière solaire - & l'hydrogène de l'eau - que les plantes savent intégrer aux écosystèmes.

L'insufflation de carbone & d'azote dans les sols de la planète par les bactéries associées aux plantes lorsqu'elles sont élevées selon une méthode globale caractérise l'agrinature, la permaculture & consorts.  Elles sont de ce fait créatrices d'une richesse abondance ouvrant accès à toutes les formes de bien, créatrices de ce bien premier nommé espace de vie.

C'est là l'espace vital que les arbres dessinent en paysages de leurs branches feuillées, élaborent en sols au moyen de leurs racines ramifiées, rassasient en nos estomacs de leurs fruits amitié, apaisent en nos imaginaires de leurs fleurs beauté.

Le tableau ci-dessous résume l'usage des terres ce jour & projette le développement possible des surfaces au cours du siècle à venir.  La colonne désignée cultures pérennes sont les forêts-jardins & jardins vergers pâturés ou non de la permaculture & de l'agrinature.

 

    % % prairies permanentes terres cultivées cultures pérennes   %
terres cultivées 1500 11 11   1500      
cultures pérennes 150 1       150    
pp fertiles 500 4 22   500      
pp arables 1000 7     1000      
terres arables boisées 500 4     400 100    
terres boisées 4000 29 33     100 3900 28
zones arbustives 1000 7   500 400 100    
zones herbeuses 1500 11   1000 400 100    
pp non arables 1500 11   1400   100    
déserts 1500 11 29     150 1350 10
eaux 500 4           4
infrastructures 150 1           1
13800 4650     2900 4200 800 7900  
terres émergées agricole       projections   agricole  
million ha 33 %   21 30 6 57 %

 

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Genèse 13.8 Alors Abram dit à Loth : « Il ne doit pas y avoir de dispute entre nous, ni entre nos bergers, car nous sommes de la même famille. Tu as tout le pays devant toi.  Séparons-nous : si tu vas vers le nord, j'irai vers le sud ; & si tu vas vers le sud, j'irai vers le nord. »  10 Loth regarda ; il vit que toute la région du Jourdain était bien arrosée.  Jusqu'à Soar, avant que le Seigneur détruise Sodome & Gomorrhe, elle était comme un paradis, comme la vallée du Nil. 11 Loth choisit pour lui la région du Jourdain & déplaça son campement vers l'est ; c'est ainsi qu'ils se séparèrent. 12 Abram resta dans le pays de Canaan.  Loth campa près des villes de la région du Jourdain & alla planter ses tentes jusqu'à Sodome. 13 Les habitants de cette ville offensaient gravement le Seigneur par leur mauvaise conduite. 14 Après que Loth se fut séparé d'Abram, le Seigneur dit à Abram : « Porte ton regard depuis l'endroit où tu es, vers le nord & le sud, vers l'est et l'ouest. 15 Tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi & à tes descendants pour toujours.

023.5.1 - agro-sylvo-pastoralisme, déserts & vergers - p

023.5.1 - agro-sylvo-pastoralisme, déserts & vergers - p

agro-sylvo-pastoralisme, déserts & vergers à planter - les terres cultivables non cultivées dans le monde

 

usage

million ha

%

 

%

 

%

terres émergées

13 610

100

13 600

100

 

100

infrastructures

    136

1

    200

1

béton & goudron

1

terres cultivées

1 497

11

1 600

12

 

 

prairies permanentes

2 858

21

3 000

22

usage agricole

33

zones herbeuses

1 361

10

1 400

10

 

 

zones arbustives

    953

7

1 000

7

 

 

autres rochers déserts

1 633

12

1 600

12

déserts & semi-déserts

29

eaux

    544

4

    600

4

 

4

forêts

4 627

34

4 200

31

forêts

33

  • terres aptes à la culture pluviale d’au moins 1 de 154 plantes retenues = 27% des terres émergées :
  • très convenables, convenables & modérément convenables à la culture : 3600 millions ha
  • peu convenables : 600 millions ha.

25% des terres aptes à la culture sont en forêts = 33% des forêts du monde

régions où plus de 30% des terres cultivables sont en forêts : Amérique du Sud & du Nord, Afrique centrale & Russie.

part des terres non cultivées dans le monde = 60% des terres cultivables

  • capacité d'extension terres cultivées / terres les plus aptes à la culture : 1 000 millions ha
  • / sur toutes les terres aptes à la culture sauf les bois : 1 500 millions ha
  • / sur toutes les terres aptes même boisées : 2 300 millions ha

Ces extensions donneraient respectivement des taux mondiaux de terres cultivées de 19%, 22% & 28%.

Ce jour, environ 10% de ces terres cultivées le sont en cultures pérennes.

La durabilité des systèmes de production tient de l'utilisation complémentaire des espaces forestiers, pastoraux & de culture.  Le parcours de troupeaux y assurent les transferts latéraux de fertilité,rendant possible la culture permanente des champs en entretenant ou en augmentant la fertilité des sols.  La présence forestièrefait partie intégrale des espaces cultivés.  Les dynamiques d’évolution de ces systèmes sont essentielles.  Il est des terroirs où des processus de dégradation apparaissenten ce qui concerne les sols, les réserves en eau, les stocks d'humus & de biomasse & partant, la résilience des systèmes de production.  Dans d’autres cas, des évolutions inverses de construction de sols fertiles & d’accumulation -eau, humus, biomasse, fertilité - se manifestent.  Le rapport de la FAO de 2011 sur l’état des ressources en terres & en eau pour l’alimentation & l’agriculture dans le monde souligne qu’un quart des terres de la planète sont très dégradées ou en cours de forte dégradation.

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note préparée à la demande de la Commission Agriculture & Alimentation de Coordination Sud - Michel Merlet -

AGTER - 45 bis, avenue de la Belle Gabrielle, 94736 NOGENT SUR MARNE CEDEX, FRANCE - téléphone : +33(0)1 43 94 72 59 / +33(0)1 43 94 72 96 - E-mail : agter@agter.org

"Tandis qu’au moins 1,5 milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde (cf. annexe 2 du rapport FAO. 2012. The State of Food Insecurity in the World & F Dévé 2013, http://www.agter.asso.fr/article920…), de nombreuses voix soutiennent qu’il faudra mettre plus de terres en culture pour que l’offre alimentaire puisse répondre aux besoins de l’humanité.  L’existence de vastes surfaces de terres sous-utilisées permettrait de répondre à ce défi, si des investissements de grande ampleur dans le secteur agricole se mettaient en place, & ce, sans présumer des structures de production les mieux à même d’y produire le plus possible.  Dans de nombreux pays, de grandes entreprises ont pris le contrôle de millions d’hectares au cours des dernières années, à un rythme beaucoup plus rapide que celui de l’expansion des terres cultivées pendant les décennies antérieures.

Si ces phénomènes suscitent de nombreuses résistances locales & une préoccupation croissante, ils n’ont pas pour le moment donné lieu à des conflits de grande ampleur.  Cela semble venir du fait que les espaces concernés sont souvent soit couverts de forêts ou de savanes avec de très faibles densités de population, soit d’anciennes terres agricoles en friche.  Leur mise en culture peut toutefois poser des problèmes environnementaux majeurs (accélération des changements climatiques & destruction de la biodiversité), violer les droits des populations autochtones, et/ou s’accompagner d’un accroissement des inégalités & du chômage, pouvant ainsi contribuer sur le long terme à mettre en danger la survie de l’humanité.

Pour toutes ces raisons, l’évaluation de la surface des terres cultivables qui ne sont pas cultivées à l’heure actuelle occupe une place centrale dans les discussions sur les accaparements de terre.  Elle donne lieu à de nombreuses polémiques, souvent accompagnées de confusion & d’incompréhensions, mais aussi de manipulations diverses.  S’agit-il ou non de terres couvertes de forêts ?  Sont-elles vacantes & disponibles ?  Sont-elles situées essentiellement en Afrique subsaharienne & en Amérique Latine ?  L’objectif de cette note est de permettre au lecteur d’y voir plus clair, sur la base des données disponibles, tout en restant critique sur les façons de les utiliser.

l’utilisation des terres émergées - trois bases de données

Il existe différentes bases de données sur l’usage agricole réel & potentiel des terres à l’échelle de la planète.  Elles sont fondées sur des données statistiques et/ou sur des images satellite, & enregistrent soit les différents types de couverture du sol soit l’usage de celui-ci.  Laurence Roudart, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles, a dirigé en 2009 une étude qui analyse les méthodes & les résultats des trois bases les plus importantes, FAOSTAT, GAEZ, & SAGE/GATP.  Cette étude, sur laquelle nous nous appuyons pour la rédaction de cette partie, permet de comprendre les différences entre les concepts & les méthodes utilisées, & de mieux cerner leurs apports & leurs limites. [1]

Les données de FAOSTAT, concernant à la fois des indicateurs de couverture & d’utilisation des sols, sont compilées par la FAO (UN Food & Agriculture Organisation) à partir des statistiques nationales & d’enquêtes auprès des États.  Il est des catégories peuvant prêter à confusion.  Ainsi les "prairies & pâturages permanents" peuvent être naturels ou spontanés & utilisés ou non.  De même, la catégorie "terres forestières" recouvre aussi des savanes arborées dont le couvert forestier est supérieur à 10% & les jachères & friches qui s’inscrivent dans des rotations de cultures & dont la définition est peu précise.

L’étude GAEZ (IIASA – International Institute for Applied Systems Analysis & FAO) donne des informations sur les potentialités agricoles des terres, sur la base de leur aptitude à la culture de 154 variétés végétales, ainsi que les rendements accessibles selon trois modes de gestion théoriques, "avancé", "amélioré" & "traditionnel" en culture pluviale & irriguée.  Cette analyse se base essentiellement sur des critères agronomiques & écologiques.  Elle ne prend pas véritablement en compte les paramètres socio-économiques.  Elle compare les besoins des plantes étudiées avec les conditions climatiques, de sol, d’altitude, de topographie sur un maillage de cellules de 5 minutes de latitude & de longitude (10 km de coté à l’équateur).  Ces zones sont classées, pour chaque culture et chaque mode de gestion en différentes catégories d’aptitude à la culture par rapport au meilleur rendement constaté dans la grande zone climatique correspondante.  Une synthèse est ensuite opérée en combinant les 3 modes de gestion & les 154 variétés considérées.  L’étude GAEZ précise quelles sont les superficies actuellement sous forêts pour les différentes catégories de terres cultivables.  Elle ne considère pas les évolutions, ni les négatives (dégradation des sols, baisse des nappes phréatiques, …) ni les positives (aménagements, drainage, amendements organiques ou minéraux, …).  Certains de ses choix méthodologiques tendent à surestimer l’étendue des terres cultivables alors que d’autres au contraire la sous-estiment.

La base SAGE (center for Sustainability And the Global Environment) / GATP (Global Trade Analysis Project) combine les données FAOSTAT avec des informations sur la couverture des terres d’origine satellitaire.  Soulignons que SAGE ne travaille pas sur la base des besoins théoriques des plantes ni sur les rendements accessibles, mais à partir des caractéristiques des terres & de leur mise en culture effective.  Pas plus que l’étude GAEZ, elle ne prend en compte les facteurs économiques & sociaux, ni les évolutions en cours.

place des forêts, savanes & zones cultivées

Sur la base des définitions utilisées par le SAGE/GTAP, L. Roudart présente les différents types d’usage des terres émergées [cf graph. 1, Roudart 2009, p.16].  Les catégories "terres cultivées" (ensemble des terres arablessous culture permanente) & "prairies & pâturages permanents" sont celles de la FAO.

  • couvertures ou usages en % des terres émergées : 136 096 598 Km² = 13 609 659 800 ha -  infrastructures : 1% - terres cultivées : 11% - prairies & pâtures permanentes : 21% - zones herbeuses : 10% - zones arbustives : 7% - autres rochers, eaux, déserts : 16% - forêts : 34%

Un tiers des terres émergées est recouvert de forêts, alors qu’environ un autre tiers est utilisé pour des usages agricoles ou pastoraux [une partie des prairies & pâturages permanents n’étant pas pâturés & une partie des zones herbeuse & arbustives pouvant l’être].  Les infrastructures urbaines & autres n’occupent qu’un faible pourcentage des terres émergées.  Les estimations des superficies de terres cultivées de SAGE - 1 800 millions d’ha en 1992 - & de la FAO - 1 500 millions d’ha - diffèrent de 17%.

Les céréales occupent 55% de ces surfaces, les oléagineux 15%, les légumineuses sèches 5%, les racines & tubercules 4%, les cultures sucrières 2% & les autres cultures 19%. [SAGE, repris par L. Roudart. op cit p.18].  Les estimations de pâturages permanents FAO & SAGE sont similaires (3% de plus pour la FAO), mais cette proximité des moyennes mondiales cache des estimations divergentes sur les différents continents qui se compensent au niveau global.

terres cultivables & terres cultivées - données globales

L’étude GAEZ & la base SAGE/GTAP fournissent des informations sur les superficies de terres cultivables en utilisant comme références pour leurs modèles des données des années 1990.  Pour GAEZ, la superficie des terres aptes à la culture pluviale d’au moins 1 des 154 plantes retenues, quel que soit le mode de gestion, représente 27% des terres émergées, soit 3573 millions d’ha pour les terres très convenables, convenables & modérément convenables à la culture, & 4152 millions en incluant les terres considérées peu convenables.

Près du quart des terres aptes à la culture sont aujourd’hui recouvertes de forêts, qui correspondent à 1/3 des espaces forestiers du monde [Roudart, 2009, p 20].  Les régions dont plus de 30%des terres cultivables sont recouvertes de forêts sont l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, l’Afrique centrale & la Russie.  SAGE estime les surfaces cultivables dans le monde à 4 022 millions d’ha, un chiffre légèrement inférieur à celui de l’étude GAEZ.  Selon ces deux bases de données, la part des terres cultivables non cultivées dans le monde est considérable : 62% pour GAEZ & 55% pour SAGE/GTAP. [Roudart 2009, p.26]

En ne considérant que les terres les plus aptes à la culture, les surfaces cultivées de 2005 pourraient être multipliées par 1,7.  En incluant toutes les terres aptes à la culture, elles pourraient être multipliées par 2.  En considérant la mise en culture de toutes les terres aptes y compris celles couvertes de forêts, elles seraient multipliées par 2,5.

L'auteur conclut : « il apparaît que, en dépit des divergences, des incertitudes & des limites des bases de données que nous avons étudiées, les superficies utilisables en culture pluviale & non encore cultivées sont très étendues à l’échelle du monde, de plusieurs grandes régions & de nombreux pays, en particulier en Amérique du Sud & en Afrique sub-saharienne.  En revanche, cette ressource apparaît comme rare, voire épuisée au Moyen-Orient & en Asie compte tenu des méthodes employées pour juger de l’aptitude des terres à la culture. » [Roudart 2009 p 30].

Voyons maintenant quelques utilisations qui ont pu être faites de ce type de données & quelques questions qu’elles suscitent.

des chiffres qui se prêtent à différents types de manipulation - les écarts de rendement de la Banque Mondiale

Le troisième chapitre de l’étude publiée en 2011 par la Banque Mondiale - Rising Global Interest in Farmland. Can It Yield Sustainable & Equitable Benefits ? - examine les possibilités de développement sur les terres au potentiel agricole non utilisé ou sous utilisé.  Avec l’appui de l’IIASA, les auteurs concluent qu’il y aurait 445 millions d’ha de terres non couvertes de forêts ni protégées, dans des zones où la densité de population est inférieure à 25 personnes par km², qui seraient actuellement non cultivées & susceptibles de l’être de façon écologiquement convenable [Deininger 2011 p. 77].  Ils analysent les écarts de rendement [yield gap] entre la réalité & le potentiel dans une "perspective d’analyse des marchandises" [commodity perspective] en étudiant 5 cultures de place importante dans les échanges commerciaux - blé, maïs, soja, canne à sucre, palmier à huile.  Le rapport présente une typologie des pays concernés en croisant la « disponibilité » en terres & les écarts de rendement constatés pour ces 5 productions, afin d’explorer comment l’investissement privé dans l’agriculture peut améliorer la productivité & devenir un pilier central d’une stratégie de développement pour les pauvres [pro-poor] [Deininger 2011 p 83].

Aucun élément agronomique ni sociologique n’est intégré à l’analyse, comme dans les études antérieures de l’IIASA.  Le paramètre étudié, le rendement brut par hectare d’une seule culture n’est pas vraiment pertinent, car il ne rend pas compte de la richesse créée.  Il faudrait prendre en compte la valeur ajoutée par unité de surface (= production brute - intrants utilisés dans le processus de production - part des équipements & infrastructures incorporée à la production).  Bien que le rapport souligne la nécessité de respecter les droits des populations & d’obtenir leur accord pour tout transfert de droits fonciers à de grandes entreprises, il utilise une méthode présentée comme scientifique qui fausse d’emblée la comparaison entre les unités de production familiales & l’agrobusiness, en ne prenant pas en compte les systèmes de production paysans dans leur ensemble & en négligeant le coût des intrants & des machines pour la production à grande échelle.

ce que l’on trouve en zoomant sur les zones cultivables non cultivées

G. Chouquer a montré, ainsi que d’autres chercheurs, que l’analyse des images satellitaires sans vérification de terrain ou analyse à une échelle plus rapprochée conduisait souvent à des interprétations erronées.  En zoomant sur une zone qui semblait vide, on découvre des champs, des formes foncières diverses attestant la présence d’habitants. [Chouquer, 2012, p 91-93]

Dissocier les espaces forestiers & pastoraux des zones de culture à partir des images aériennes conduit à méconnaître ce qui constitue souvent la clef de la durabilité des systèmes de production, leur utilisation complémentaire.  Dans les systèmes de défriche brûlis, la repousse forestière fait partie intégrale des espaces cultivés.  Les transferts latéraux de fertilité effectués par des troupeauxpâturant sur des parcours rendent possible la culture permanente de champs en entretenant ou en augmentant la fertilité des sols.  A ces complémentarités de nature agronomique, s’ajoutent les caractéristiques socio-foncières des systèmes de production, qui jouent un rôle déterminant dans leur fonctionnement.

Enfin, les dynamiques d’évolution de ces systèmes sont essentielles.  De nombreux terroirs sont le produit de plusieurs siècles de transformation, avec dans certains cas des processus de dégradation des sols, des réserves en eau, de la résilience des systèmes de production, & dans d’autres cas, des processus inverses de construction de sols fertiles & d’accumulation d’eau.  Ainsi, le rapport de la FAO de 2011 sur l’état des ressources en terres & en eau pour l’alimentation & l’agriculture dans le monde souligne qu’un quart des terres de la planète sont très dégradées ou en cours de forte dégradation. [FAO, SOLAW, 2011 p.113]

une distribution très inégale des terres potentiellement cultivables

Les études & les rapports attirent l’attention sur la forte disponibilité de terres non utilisées en Afrique sub-saharienne & en Amérique Latine.  En fait, l’application des critères agro-écologiques décrits antérieurement montre une réalité beaucoup plus diversifiée.  La carte ci-dessous a été construite à partir des données de l’étude GAEZ. (Merlet & al, 2011, p.9)

  • Cette carte indique que les pays du monde où le potentiel en surface agricole est peu sous-utilisé sont des exceptions, situés surtout en Asie, au moyen-orient, aux extrêmes nord & sud de l'Afrique & en Scandinavie.

Parmi les pays qui ont le plus de terres cultivables non cultivées, on trouve aussi les EUA & la Russie.  En Amérique Latine (Brésil) & en Afrique Sub-saharienne (RDC), celles-ci se trouvent en grande partie dans les grands bassins forestiers & les zones de savane.  Enfin, l’Europe occidentale n’est pas exempte de terres cultivables non cultivées.  [Beaucoup de forêts des pays développées, destinées à la production commerciale de quelques espèces de bois, sont établies sur des terres autrefois cultivées]

Pourtant, les analyses & les rapports omettent en général de le signaler.  Après avoir introduit un certain nombre de critères restrictifs plus ou moins clairement justifiés, les auteurs de nombreux rapports présentent le phénomène des terres cultivables non cultivées comme étant caractéristique des pays en développement, & les pays développés disparaissent comme par enchantement de la liste des pays concernés.

importance des facteurs socio-économiques

Les appropriations de terres à grande échelle & les phénomènes de concentration de terres sont facilités par l’existence de vastes zones sous utilisées & peu peuplées, mais toutes ne sont pas susceptibles de tomber facilement sous le contrôle de grandes entreprises nationales ou étrangères.  Ce sont les facteurs socio-économiques qui sont déterminants.  Les héritages coloniaux & les conséquences de la collectivisation des ex-pays communistes pèsent lourd dans les rapports de force entre les parties en présence. (Merlet et al, 2011).

La mise en culture des terres "sous-utilisées" est souvent abusivement présentée comme une contribution à l’alimentation & à la production de matières premières agricoles pour le bien-être de l’humanité.  La réalité est toute autre : un vaste processus d’appropriation & d’accaparement de ressources communes, beaucoup plus difficile à mener dans les pays développés disposant d’une agriculture familiale solide dont les droits sur le foncier sont reconnus.

Ainsi, la situation décrite par les études GAEZ & SAGE ne définit en rien un univers de terres disponibles, sur lesquelles il n’y aurait ni populations ni ayants droit.  Elle donne une idée de l’amplitude des ressources agricoles qui peuvent être ciblées par des entreprises à la recherche d’opportunités de retour élevé sur leurs "investissements", partout où il n’existe pas de système de gouvernance du foncier efficace pouvant s’opposer à l’accaparement des ressources.

distribution des populations & accès aux ressources, un problème planétaire

L’analyse antérieure a permis de mettre en évidence des disponibilités en terres cultivables par habitant très inégales suivant les régions du monde.  Lorsqu’elles restent abondantes, en Afrique & en Amérique Latine, elles ne sont pas pour autant nécessairement accessibles pour les paysans.  Là où la terre est très inégalement répartie, des processus de redistribution (réformes agraires & politiques foncières permettant d’en pérenniser les effets) seraient nécessaires pour permettre un développement économique & social durable.  Dans beaucoup de ces pays, l’abondance de terres dites "vierges" a permis d’éviter de telles redistributions, avec le développement de fronts pionniers qui ont entraîné une expansion continue des surfaces agricoles & la migration des paysans sans terres, véritable soupape de sécurité pour les zones où la pression foncière était devenue trop forte.

La compétition entre grande production & production paysanne sur ces nouveaux espaces a joué un rôle décisif dans la mise en place des structures agraires.  Depuis plusieurs décennies, la grande production a très largement pris le dessus grâce à de nouveaux moyens techniques, entraînant les accaparements actuels de terres & de ressources.

Aujourd’hui, les mêmes phénomènes se produisent à l’échelle du monde.  Si des politiques de colonisation paysanne peuvent être encouragées au sein d’un même pays - non sans conflits & spoliations affectant souvent les populations autochtones - de telles politiques sont extrêmement difficiles à organiser à l’échelle internationale.  Les mécanismes des marchés fonciers (achats ou concessions) sont aujourd’hui les seuls à opérer pour réguler la distribution des droits d’utilisation des ressources, avec pour conséquence le développement de très grandes entreprises qui prospèrent sur la base de l’appropriation des richesses naturelles & des biens communs.

La forte inégalité de foncier agricole par habitant dans les différentes régions du monde constitue un problème de fond à l’échelle planétaire.  Le niveau national ne saura suffire pour optimiser l’utilisation des ressources, d’autant moins que la maximisation de la production ne peut constituer le seul critère de choix : il convient bien évidemment de considérer aussi les exigences environnementales globales, de réduire les évictions paysannes & les risques de conflits, etc..

Face à cet enjeu fondamental de gouvernance mondiale, il faudra inventer des mécanismes nouveaux pour éviter que les contradictions générées par de telles inégalités ne se transforment en conflits ouverts.

sources

Roudart, L. (2009). Terres cultivables & terres cultivées : apports de l’analyse croisée de trois bases de données à l’échelle mondiale.  Document produit pour le service Statistiques & Prospective du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture & de la Pêche (France). 59 p. - Roudart, L. (2010).  Terres cultivables non cultivées : des disponibilités suffisantes pour la sécurité alimentaire durable de l’humanité.  Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche (France).  Centre d’études & de prospective. Revue Analyse N° 18 - Mai 2010. 8 p. - Deininger, K. et Derek B. (2011). World Bank. Rising global interest in farmland : can it yield sustainable & equitable benefits ? 214 p. - Toulmin, C. & al. (2011). HLPE Committee on World Food Security. Land tenure & international investments in agriculture. 56 p. - Merlet, M., Jamart, C. L’Orphelin S., Groppo P. (2011)  Points chauds liés au foncier & aux droits sur l’eau. SOLAW Background Thematic Report TR05a. FAO. 34 p. FAO. SOLAW. (2011)  The state of the World’s land & water resources for food & agriculture - Managing systems at risk.  Food & Agriculture Organization of the United Nations]. 285 p. - Chouquer, Gérard. (2012), Terres porteuses. Entre faim de terres & appétit d’espace. Ed. Actes Sud, Errance Paris. (247 p.)"

[1] Nous ne reprenons ici que les éléments d’analyse les plus pertinents pour le sujet.

023.4.2 - buttes Holzer de permaculture soli-pluviales - 2p

023.4.2 - buttes Holzer de permaculture soli-pluviales - 2p

photo publiée le 20/03/2015 à 08:51 par maminette44

 

éclipse solaire du 19 mars 2015

 

L'inventaire réalisé par les études citées plus haut, décrit ainsi les surfaces agricoles de la planète :

terres cultivées : 1800 millions d'ha.

pâturages permanents non arables : 1000 millions d'ha.

terres cultivables : 550 millions d'ha arables pour 154 espèces végétales en agro-écologie.

terres convenant à la culture, mais en zones exclues : 450 millions d'ha disponibles mais infertiles, inaccessibles, d'usages informels, en pâturages extensifs, forêts, infrastructures urbaines ou zones protégées.

terres potentiellement cultivables : 1400 millions d'ha de zones herbeuses, arbustives, de prairies & pâturages permanents.

Notons le danger qu'il peut y avoir à mettre en culture des prairies sans les précautions de protection des sols indispensables.  Ce danger est réduit si le mode cultural est du type biologique, car alors le besoin de préserver ou même accroître l'humus du sol se fait impérieux.

terres disponibles (en permaculture, agrinature, terrasses & agro-foresterie) situées sur des aires ne convenant pas à la culture selon les critères des statisticiens de l'agro-alimentaire.  Elles sont les terres à faible rendement ou celles qui nécéssiteraient un ou plusieurs des nombreux aménagements susceptibles de les rendre cultivables.  Nous évaluons l'étendue de ces terrains à 1000 millions d'hectares au moins, sachant que chaque hectare peut nourrir au minimum 5 personnes.

Ce sont ces lieux où l'extension de l'agriculture peut se faire en terrasses soli-pluviales aptes à l'agrinature, la permaculture, l'hügelkultur, l'agro-foresterie, la sylvo-agriculture, les bocages, les forêts jardins, les jardins vergers.  La fertilité de ces terres sera créée par la présence des pionniers qui les habitent & par production des biomasses nécessaires.  De même, leur pluviométrie sera générée par les arbres plantés.  Comme chacun sait, la présence d'arbres attire les pluies & l'humus qu'ils produisent stocke les précipitations reçues.  Dans l'hypothèse de ces extensions en agrinature & méthodes apparentées, la proportion des deux tiers de l'alimentation mondiale produite par l'agriculture artisanale sera maintenue.

 

- concurrences & tensions pour l'accès à l'eau au Proche & Moyen-Orient, & en Afrique du Nord - (annexes au document de Sylviane Tabarly, ENS Lyon / Dgesco, pour Géoconfluences le 23 juin 2011 - mise à jour :  23-06-2011 Copyright ©2002 Géoconfluences - Dgesco - ENS de Lyon Tous droits réservés, pour un usage éducatif ou privé mais non commercial.)

"L'aridité est une constante régionale au Proche & Moyen-Orient, tout comme la prédominance de cultures fortement dépendantes des systèmes d'irrigation (au-delà du bassin du Nil égyptien, 50% de la production céréalière et 90% de la culture horticole libyennes sont issus de l'agriculture irriguée), deux déterminants qui expliquent l'importance stratégique de l'eau. En forte hausse, la demande des consommateurs urbains accroît la pression sur les ressources hydriques, accélère le pompage des nappes phréatiques sahariennes et entre  directement en concurrence avec la demande du secteur agricole. Dans certaines régions  libyennes (plaine de Jifarah), la demande des villes devrait d'ici à 2025 rejoindre le volume d'eau utilisé pour l'agriculture. De manière générale, les prévisions renvoient des perspectives de pénurie : aux Émirats, où la consommation annuelle atteint d'ores et déjà 26 fois le montant des ressources renouvelables disponibles, les réserves hydriques fossiles pourraient s'épuiser d'ici à 2050. En Égypte, la contestation actuelle des accords du bassin du Nil par la majorité des pays signataires pourrait limiter à court terme l'accès aux ressources en eau (ci-contre)."

 

Sources : - Centre d'analyse stratégique (CAS), "Les cessions d'actifs agricoles dans les pays en développement", Rapports & documents, n°29, 2010 - Carte de la Documentation photographique, 2000 - Ressources : - Jacques Bethemont - "Le Nil, l'Égypte & les autres", VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, décembre 2003 - "Partage des eaux du Nil : l'Egypte refuse toute négociation", Good morning Afrika, mai 2010 - Initiative pour le bassin du Nil (Nile Basin Initiative / NBI)

l'Office du Niger au Mali : aménagements, développement & convoitises

Le delta intérieur du Niger, "grenier à riz" du Mali, est l'une des surfaces irriguées les plus étendues & les plus anciennes d'Afrique de l'Ouest.  L'Office du Niger* au Mali gère un périmètre irrigué situé en rive gauche du fleuve Niger, à environ 30 km en aval de Ségou, 250 km en aval de Bamako. Les périmètres irrigués y représentent aujourd'hui environ 100 000 ha, installés dans le delta mort du fleuve, les productions principales sont le riz, les productions maraîchères, le sucre & les produits d'élevage.  La croissance démographique, l'arrivée de migrants & les modes de gestion du périmètre entraînent une pression accrue sur les ressources en terre & en eau.  Aujourd'hui la population concernée représente environ 500 000 personnes & 25 000 exploitations familiales installées sur la zone, avec une superficie moyenne inférieure à 4 ha.  Les possibilités d'extension du domaine aménagé sont importantes : le potentiel estimé dès les années 1930, à la conception du projet, était d'environ 1 000 000 d'ha de sols aptes à la culture irriguée avec une irrigation gravitaire à partir du barrage de Markala.  Cependant, les études sur la disponibilité en eau sont beaucoup moins optimistes & évaluent le potentiel irrigable avec les techniques actuelles d'irrigation (gravitaire) à 250 000 ha environ.  La zone de l'Office du Niger a connu une évolution spectaculaire des performances agricoles depuis les années 1980 ce qui en a fait une "success story" : entre 1980 & 2006, les rendements en riz ont été multipliés par 4 pour atteindre environ 6 t/ha selon les statistiques de l'Office du Niger.  La production de riz est passée de 60 000 à plus de 500 000 t/an.  Cette dynamique s'explique par la réhabilitation des infrastructures, l'introduction de techniques intensives, la libéralisation du système économique, la responsabilisation des producteurs & par une demande en riz & en produits maraîchers (échalote) en forte progression.  L'extension des superficies aménagées constitue, depuis la fin des années 1990, l'enjeu majeur du développement de la zone.  Pour poursuivre ce développement agricole, de nombreux projets d'aménagement de nouvelles surfaces irriguées sont prévus.  Ils sont portés par des acteurs de type différent : entreprises maliennes & étrangères (éventuellement appuyées par leur État d'origine), investisseurs privés, organisations régionales, bailleurs de l'aide publique au développement.  Les investisseurs étrangers auxquels le Président malien (Amadou Toumani Touré) a fait appel en leur allouant de larges superficies sont d'origine chinoise, libyenne, sud-africaine ou ceux de l'Unionmonétaire ouest-africaine.  Les gros investissements réalisés ou prévus (plus de 2 000 ha) représenteraient plus de 300 000 ha.  Or dans la réalité les projets d'aménagements sont loin d'atteindre ce niveau car les annonces dépassent amplement les réalisations.  Voici trois exemples de projets présentés en pop-up : le projet Malibya ; deux autres grands projets conçus comme des projets de développement, le projet Millenium Challenge Account (MCA) & le projet UEMOA (Union Economique & Monétaire Ouest-Africaine).

* L'Office du Niger, créé en 1932, est l'établissement public qui a la responsabilité de l'aménagement de la zone.  Ses missions portent sur : la gestion de l'eau ;la gestion des hydro-aménagements, notamment les canaux primaires & secondaires (les canaux tertiaires sont de la responsabilité des agriculteurs) ; la gestion des terres.  L'État, propriétaire du foncier, délègue la gérance des terres à l'Office du Niger qui attribue des surfaces aménagées aux agriculteurs (sous forme de contrat annuel d'exploitation ou de permis d'exploitation agricole), qui en ont un droit d'usufruit, transmissible aux héritiers, sous réserve de respect du cahier de charges & du paiement annuel d'une redevance hydraulique.

Sources & ressources : Centre d'analyse stratégique (CAS), d'après des données fournies par le réseau international de la DG Trésor "Les cessions d'actifs agricoles dans les pays en développement", Rapports & documents, n°29, 2010 - B. Troy"Office du Niger : quelles réalités entre accaparement des terres & développement agricole ?",  Fondation pour l'agriculture & la ruralité dans le monde, 2010 - Florence Brondeau (Université Paris 4 Sorbonne, UMR ENeC, Espaces, Nature & Cultures) : - "L'agrobusiness à l'assaut des terres irriguées de l'Office du Niger (Mali)", Cahiers Agricultures. Volume 20, n°1-2, 136-43, Janvier-Avril 2011 - "Un 'grenier pour l'Afrique de l'Ouest' ?",Géocarrefour (Vol. 84), p. 43-53, 1/2009 - "Les investisseurs étrangers à l'assaut des terres agricoles africaines.",EchoGéo, n°14, 2010 - Différents points de vue représentés à travers les documents relayés par l'International Land Coalition (ILC) / Commercial Pressures on Land : - Mali: Main basse sur le fleuve, Jeune Afrique, juillet 2010 - Faut-il risquer son argent dans les terres maliennes ? - Mali: un million d'hectares toujours en friche,Jeune Afrique, mai2011 - Wikipedia, Office du Niger."


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