Mars\'s farm Agrinature
Agrinature: Let us invent a way of farming out of 3 resources only - solar light, rain & the farmers

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Date de création : 16.01.2008
Dernière mise à jour : 15.04.2014
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4.18 - aurores de l'humanité, fonder Agrinature - 5

Voici classées selon les botanistes quelques herbes fleuries courantes dans les champs, les prés, les talus & les bords des routes.  Puissent-elles survivre à notre obsession à faire le vide, à détruire sans raison les simples.

 

familles genres familles genres familles genres
amarantes   Aquifoliacées houx Cistacées hélianthème
Apiacées angélique aristoloches     herbe d'or
  ombellifères berce Arum   cornouillers  
  boucage basalmines impatiente Convolvulacées liseron
  carotte Boraginacées buglosse   cuscute
  cerfeuil   consoude Crassulacées orpin
  cigüe   grémil Cucurbita bryone
  carvi   pulmonaire Dispacacées cardère
  cumin   Myosotis   Knautia
  buplèvre   vipérine   scabieuse
  panais Brassicacées alliaire Eleagnacées argousier
  panicaut   crucifères alysson Erica airelle
  persil   bourse à pasteur   bruyère busserole
  sanicle   cameline   arbousier Calluna
Astéracées achillée   cardamine Euphorbes mercuriales
  composées anthémis   cresson Fabacées astragale réglisse
  armoise   diplotaxis   légumineuses bugrane Ononis
  Arnica   drave   papilionacées coronille
  bardane   herbe.de.Sainte-Barbe   fer à cheval
  bleuet   lunetiaire   genêt
  camomille   Lunaria   gesse (Lathyrus)
  centaurée   moutarde   grande gesse
  chanvrine   passerage   gesse des prés
  chardon   pastel   gesse printanière
  chicorée   ravenelle   gesse de montagne
  cirse Cirsium   tabouret   gesse tubéreuse
  crépis Butomes     jarosse
  épervière Campanule raiponce   lotier
  Erigeron Cannabacées houblon   luzerne
  inule Caryophyllacées céraiste   mélilot
  laiteron   compagnon   minette
  laitue   gnavelle   pied de lièvre
  lampsane   gypsophile   sainfoin
  liondent   herniaire   tétragonolobe siliqueux
  marguerite   Lychnis   trèfle couché
  matricaire   mouron des oiseaux   trèfle doré
  paquerette   nielle   trèfle intermédiaire
  pissenlit   oeillet   trèfle des montagnes
  pas d'âne   sagine   trèfle des prés
  salsifis des prés   saponaire   trèfle rampant
  sarette   silène   trèfle renversé
  séneçon   stellaire   jarosse.Vicia.cracca
  solidage verge d'or chénopode arroche   vesce.des.haies
  tanaisie   salicorne   vesce.à.4.graines
  tussilage       vulnéraire
familles genres familles genres familles genres
Fumaria fumeterre Malva mauve renoncules aconit
Geranium bec de grue Olea troène   adonis
  herbe à Robert onagre circée   anémone
  Erodium   épilobe   ancolie
gentianes erythrée Orchis céphalanthère   clématite
Globulaires     orchidées Epipactis   Helleborus
Guttifères millepertuis   Listera   hépathique
Hydrocharitacées élodée   néottie   pigamon
  nénuphar   ophrys   pulsatille
Iris Crocus   sabot de Vénus   rose de Noël
Lamium brunelle Oxalis     souci d'eau
  lamier bugle Papaver coquelicot   trolle
  calament   pavot corydale Reseda  
  épiaire   chélidoine Rubiacées aspérule odorante
  Galeopsis piroles     gaillets
  germandrée plantains     shérardie
  lierre terrestre Plombaginacées gazon Rutacées fraxinelle
  lycope pourpiers   saxifrage dorine
  menthe polygales   scrophulaires bouillon blanc
  origan marjolaine Polygonacées oseille   faux bouillon blanc
  pied de loup   sarrasin renouée   digitale
  sauge   Rumex   gratiole
  scutellaire       linaire
  thym potamots     mélampyre
Lemnacées lentille d'eau Primula coucou des prés   molène
Lilia ail des ours   primevère mouron rouge   pédiculaire
  lis ail des vignes   monnoyère   rhinanthe
  colchique Rosa agremoine   Veronica
  gagée   pomme Alchemilla Solanum belladone
  hépathique   cerise benoîte   tomate datura
  muguet   fraisier   p.de terre jusquiame
  Muscari   potentille   tabac morelle
  parisette   pimprenelle Typhacées massette
  sceau de Salomon   reine des bois Urtica  ortie
  scille   reine des prés Utriculaires  
lins     ronce valérianes mâche
Lythracées salicaire   spirée Verbena  verveine
        Viola pensée sauvage

 

4.18.5 - flowers & weeds - fleurs des campagnes - 140415

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En l'esprit fertile de deux enseignants du lycée agricole d'Ahun,

germa l'idée d'un renouveau de la prairie fleurie que Gilles Clément sema déjà par deux fois sur l'île de Vacivièra.

---

Cette longue prairie de bonne pente vient mourir dans le lac.  Tout en bas, le sentier des randonnées & promeneurs l'interrompt.  Ici à Vassivière, le climat est froid & les précipitations abondantes.  L'exposition sud, la proximité de l'eau & la réverbération du la lumière sur la bande de bois au sud, sans doute adoucissent un peu le climat localisé de la parcelle.

Du fait de l'abondance des précipitations, il n'est pas satisfaisant à l'agronome naturaliste vraiment de voir même un pré ainsi sur une si longue pente sans interruption.  Si nous regardons le terrain, nous verrons que jadis existaient des limites, des subdivisions de la parcelle dont quelques traces demeurent.  C'est la mécanisation de l'agriculture qui imposa la nécessité de grouper les petites parcelles d'autrefois.

 

Les forêts sont capables d'absorber toutes les pluies qu'elles reçoivent.  Une part de ces précipitations ira alimenter les nappes phréatiques ou la nappe d'eau du sol & l'autre sera évaporée pour rendre possible la photosynthèse à chaque strate de végétation du peuplement forêt.  Les racines de leurs arbres ouvrent le sol en profondeur & une fois sa limite atteinte, savent l'approfondir encore, s'insérer dans les fissures de la roche pour y poursuivre leur dynamique.  L'humus qui s'accumule en sous-bois est tendre & brut.  Il rend de ce fait le sol apte à stocker beaucoup d'eau.  C'est pour les deux raisons de la taille des arbres & de leur longévité que les forêts mixtes sont considérées en climat tempéré être le climax de la végétation, la couverture optimale du sol qui partout s'installera au bout d'un temps donné si les humains ne faisaient rien.

 

La situation d'une prairie n'est pas la même.  Elle a besoin pour pérexister d'herbivores qui la maintiendront.  En un sol utilisé par l'agriculture sur une telle pente, le ruissellement n'est pas nul.  Les précipitations sont absorbées pas la couverture vivante qu'est l'ensemble prairie-sol.  Lorsque l'eau y pénètre, nous nommons ce flux lessivage vertical.  Des éléments minéraux fins comme les argiles & les colloïdes d'humus sont entraînés vers le bas par l'eau qui percole.  A une profondeur donnée, l'eau atteindra la roche mère imperméable de granite ou une forme altérée mais compacte de cette roche, imperméable aussi car riche en argiles blanches du type kaolin.  Lors commence ce que nous nommons lessivage horizontal, une migration lente de l'eau dans le sol vers le bas de la pente.

En cas de précipitations prolongées qui saturent complètement le sol en eau, ou au contraire à l'occasion d'orages d'été soudains, un ruissellement de surface presque invisible advient qui est lui aussi un lessivage horizontal.  C'est ainsi qu'une part des argiles & colloïdes d'humus migrent chaque année vers l'eau du lac sans que jamais personne ne le sache, sans que nul ne l'entende ni le voie.

 

Autrefois, avant le gigantisme des machines, avant que le lac n'existe, les parcelles étaient plus petites & les talus, interruptions entre elles formaient des barrières qui freinaient, ralentissaient, limitaient ces flux.

Un talus qui demeure en place longtemps au bas d'une parcelle, l'établit lentement en terrasse.  Si le talus n'est pas traversé par les animaux de bétail & peu par les humains, il se trouvera tôt planté d'épineux d'abord, comme les épines blanche – l'aubépine - & noire – le prunellier - dont les graines sont apportées par les oiseaux qui en mangent les fruits.  Les épineux constituent le stade premier - la fruticée ou lande à fruitiers - du boisement de cette forêt en raccourci que deviendra la haie à naître.  A partir de ce point, les épines vont tenir écartée du talus la dent de l'herbivore.  Sous leur protection, d'autres graines d'arbres germeront, apportées par les vents, oubliées par les geais, les écureuils & les mulots.

Lorsque la haie existe enfin, elle remplit le même rôle qu'une forêt en ce qui concerne l'ouverture du sol aux pluies fertilisantes & la digestion du roc en genèse du sol.  Sur la terrasse en voie de se constituer, le lessivage va nourrir plus le bas de celle-ci, juste avant le talus dans le sens de la pente.  Du fait que la migration de l'eau & des micro-nutriments qu'elle contient est ralentie par le talus, en les points les plus bas de la terrasse en train de se construire, le sol & les plantes seront plus nourris. C'est ce différentiel de nutrition entre le haut & le bas de la terrasse est ce qui la constituera, la nivellera au cours des années.

 

Ici, la pente est longue. Nous allons créer une interruption de l'usage de la prairie au bas de la parcelle.  Nous n'allons pas planter une haie qui pourrait vraiment amorcer la recréation d'une pseudo-terrasse.  La prairie fleurie sera une zone inexploitée, une aire d'observation qui va nous enseigner.  Elle va remplir le rôle de filtrer & recueillir une part au moins des eaux du lessivage horizontal de la prairie.  Voyons au fil des ans qui vont venir si le phénomène cité plus haut se produit, si son sol commence de gonfler aussi comme cela était sur l'amont des talus avant qu'on ne les arase.

 

4.18.1 - sur l'amont des talus qu'on arase - to be continued... - 140415

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la parcelle

L'altitude du bas de la parcelle est de 650 m.  Il s'agit d'un pré de trois hectares orienté vers le sud.  A l'ouest, un bois mixte sur un sol peu profond.  A l'est & en lisière haute, un bois feuillu sur sol de profondeur moyenne.  Un sentier de randonnée borde le lac au bas de la parcelle.

la prairie

A une équidistance de 5 à 10 m du chemin courbe, nous envisageons de semer une bande de prairie fleurie sur une largeur de 10 m, ce qui représente une surface de 1500 m².

le climat

La région de Vassivière est d'un climat de montagne à tendance océanique, très humide avec des températures basses & de nombreuses gelées.  Les chutes de neige sont fréquentes en hiver ainsi que les brouillards.  Le nombre médian de jours de précipitations supérieures ou égales à un millimètre est de 150 par an.  La température moyenne annuelle journalière est 9° C.  En médiane le nombre de jours de neige est de 25 par an.  La pluviométrie moyenne est 1390 mm à Beaumont-du-Lac & 1550 mm à Royères-de-Vassivière.  La température moyenne minimale à Peyrat-le-Château est 3,4°C.

la situation

Le long du bois à l'ouest, l'exposition est plein sud & la pente de l'ordre de 40 %.  Au centre, la pente est de dix pour cents vers le sud-sud-est.  Le long du bois à l'est, l'exposition est sud-est & la pente de 20 % environ.

le sol

Le mardi 25 mars; nous explorâmes les lieux.  Les élèves firent un recensement de la flore herbacée & l'observation du profil du sol près de la limite ouest & au centre de la future bande.  Le sol est de couleur sombre & de texture légère, de structure glomérulaire, sans tassement ni hydromorphie.  Au centre de la bande, il est profond, lessivé, très riche en humus brut & humifié sur tout le profil.  La flore inclut un grand nombre d'espèces dont une part notable indiquent une acidité, sans excès cependant.  Aux extrémités ouest & est, le sol est de profondeur moyenne.

la flore

Les élèves joindront leur inventaire floristique de la prairie à ce compte-rendu.

lecture du paysage

La vallée de la Maulde fut mise en eau à Noël en 1950.  Un syndicat exploite les terres agricoles de l'île.  La parcelle est parfois utilisée comme pâture, mais le plus souvent seulement pour la fauche.  La forte pente du pré n'est pas régulière & présente des ruptures en plusieurs endroits.  Nous pouvons supposer par l'observation de ces irrégularités du terrain qu'elle était avant 1950 subdivisée en plusieurs parcelles.  Il serait possible par sondages de rechercher la position des limites d'antan.  C'est l'exposition favorable du terrain & sa déclivité modérée en comparaison des autres lieux de l'île qui probablement justifia son maintien en prairie.

façons culturales

  • le mardi 13 mai, préparation du sol par un labour très superficiel selon les courbes de niveau & en versant vers le haut ½ heure

  • hersage en longueur ½ heure

  • semis à la volée par les étudiants 1 heure

  • rouler la prairie 1 heure

Selon la quantité de graines dont nous disposerons, nous ajusterons la quantité par des semences de fabacées ajoutées pour atteindre la densité de 3 g / m² ou 30 Kg / ha.  Les semences sont coupées de 2 volumes de sable sec pour favoriser leur dissémination.  Les graines plus grosses sont semées ensuite.

Le tracteur & la charrue seront loués par le centre.  Jean-Pierre Bény peut fournir au besoin une herse pour le tracteur & alternativement un rouleau de deux mètres à tirer par tracteur ou deux rouleaux plus légers qui seront tirés par les élèves selon les courbes de niveau.

semences

Les fournisseurs qui répondirent à ce jour sont :

  • les jardins de Sauveterre de Jacques & Colette Girardeau à Moutier-Malcard,

  • graines de vie de Vincent Bourbon à Mérinchal,

  • le jardin du naturaliste d'Olivier Tranchard dans l'Oise,

  • le Biau-Germe de Philippe Catinaud dans le Lot-&-Garonne,

  • Perrine Garreau, la Valette, 23 110 Saint-Priest.

septembre

Septembre est la date naturelle de semis des plantes sauvages selon leur cycle.  Nombre des graines demandent d'avoir subi le froid de l'hiver qui lève leur dormance en un processus nommé vernalisation.

Nous réserverons un quart des semences pour un semis de septembre sur une bande complémentaire de 10 m de large le long du bois à l'est sur une longueur de 50 m au maximum.  Le travail du sol pourrait être l’œuvre des étudiant armés d'une douzaine de grelinettes.  Travailler à la main est une manière d'apprendre sans égale.  Le second avantage de cette façon culturale est sa grande simplicité de mise en œuvre compte-tenu du fait que le centre d'art & du paysage ne dispose pas de matériel propre.

continuation

Le même travail pourrait être envisagé ensuite chaque année afin d'entourer au fil des ans toute la parcelle.  A raison de 50 m par an, cela prendrait de cinq à sept ans.  Recommencer l'opération présente plusieurs avantages.  Cela permettrait à plusieurs promotions d'élèves d'y participer, d'élargir & affiner la liste des espèces, de renouveler la présence des annuelles & d'inviter à participer au projet les particuliers, les associations, les botanistes & les étudiants qui y le jugeraient d'intérêt.

Cette continuation offrirait à un grand nombre de botanistes & naturalistes l'occasion aussi d'observer une prairie fleurie dans le temps & sur les divers biotopes de la parcelle.  Selon l'altitude & l'exposition sur cette parcelle de quatre ou trois hectares entourée de bois, il est probable qu'une grande diversité d'espèces se manifesteront diversement à cause des différences de condition du sol  & d'ombrage aux divers lieux.

Des personnes habilitées pourraient par la suite récolter dans la prairie une part des semences en vue de les diffuser ou simplement les ressemer en d'autres points de la prairie fleurie.

voir & apprendre

Le caractère intensif de l'agriculture moderne induit les paysans à regrouper les parcelles & de ce fait réduire les marges où les plantes sauvages trouvaient autrefois par habitude leur habitat.  Nous allons ici volontairement récréer une marge large qui deviendra un lieu permanent d'observation de ces plantes que nous connaissons si peu.

Nous avons encore, inscrite en nous la peur du sauvage, tandis que nous découvrons par intuition surtout que sans la diversité biologique, notre espèce même serait menacée.  Les fleurs des champs inventèrent toutes une stratégie différente de survie en un monde où peu savent même les regarder.  Il est parmi elles des comestibles aux qualités nutritives précieuses, reconnues, des médicinales aux vertus parfois même oubliées, des plantes enfin autrefois cultivées pour un usage industriel, comme les tinctoriales par exemple.

Hormis la joie que beaucoup ressentent à les apercevoir sans raison, c'est de la sagesse des simples que nous pouvons apprendre : c'est de leur persistance à exister quoiqu'il arrive & sans aide dont nous sommes affamés.

Il est paradoxe de semer des plantes supposées sauvages ou spontanées.  Ce paradoxe révèle l’ambiguïté de ce temps où notre perception du monde commence à grandir, où nous décidons d'élargir notre perspective.  Des pionniers nous précédèrent en cette découverte.  L'objet de cette prairie des paradoxes est que chacun poursuive à sa mesure cette voie.

 

4.18.2 - à la Noël en 1950, la vallée s'emplit - a man-made lake -

projet du renouveau de la prairie fleurie de Gilles Clément sur l'ïle de Vassivière le 13 mai 2014 ... 140404

 

Annuelles Bisannuelles Vivaces
bleuet des champs bouillon blanc achillée millefeuille
bourrache officinale cardère achillée ptarmique (perle)
chénopode blanc chicorée ancolie commune
chrysanthème des blés digitale pourpre campanule agglomérée
lin bleu usuel julienne des dames campanule à feuilles rondes
nielle des blés mélilot officinal campanule raiponce
phacélie  onagre de Lamarck à sépales rouges fenouil
coquelicot onopordon acanthe (pet d'âne) géranium des prés (champs)
violette des moissons vipérine commune scabieuse des champs Knautia arvensis
adonis Reseda luteola lotier corniculé
dracocéphale de Moldavie matricaire inodore marguerite des prés
lin rouge mélilot blanc mauve musquée
nigelle de Damas carotte sauvage oeillet des chartreux
anthemis des moissons molène noire saponaire officinale
corydale pâle molène phlomoides scabieuse colombaire
fumeterre officinal onagre bisannuelle compagnon blanc Silene latifolia
immortelle annuelle salsifis des champs véronique en épi
mouron des champs sauge sclarée lin jaune
myosotis molène blattaria lin vivace
pied d'alouette pavot de Californie millepertuis
ravenelle lupin blanc plantain lancéolé
renouée des oiseaux   verges d'or
spergule des champs   pimprenelle
violette commune   tanaisie
tournesol   centaurée scabieuse
moutarde   compagnon blanc Lychnis dioica
potimarron   Lupinus perennis
potagères mélange   mauve alcée
cameline   valériane rouge (des murs)
gesse   agastache anisée
trèfle incarnat   bec de grue
trèfle de Perse   buglosse
trèfle d'Alexandrie   campanule fausse raiponce
vesce des champs   campanule des prés
vesce des haies   campanule à feuille de pêcher
vesce cracca   épilobe en épi
vesce d'automne   lin jaune
vesce velue   lin vivace
    lupin de Russel
    millepertuis
    pavot de Californie
    potentille
    Reseda lutea
    silène blanc
    topinambour
   ---  

 

La haute philosophie de Gilles Clément ouvre nos perceptions vers une voie nouvelle d'agriculture.

 

C'est bien l'idée du jardin en mouvement qui se mit en place dans la prairie céréale à la ferme de mars, avant que nul d'entre-nous n'ait lors encore lu ses ouvrages.  Il est des divergences entre le "ne rien faire" de l'agriculteur Fukuoka qui comme paysan cherchait toujours à enrichir le sol en vue de produire autant qu'il est possible tout en continuant à le fertiliser, & le "faire avec" de l'ingénieur horticole Clément qui appauvrit quelques points choisis d'un terrain, sachant que de la diversité surgira du besoin de combler le vide ainsi créé.

Notre rencontre avec le concepteur de ce jardin naturel où les plantes décident avant le jardinier, nous oriente en des horizons nouveaux, nous permet d'apercevoir la richesse qu'engendre la pauvreté.  Un milieu pauvre se voit colonisé de beaucoup d'espèces qui chacune développe une solution différente à la question que cette faible fertilité pose.  En un milieu riche en revanche, le nombre d'espèces se réduit, laissant la place aux quelques unes d'entre-elles les plus adaptées au lieu ou les plus voraces.

 

La nature enrichit toujours les lieux où nous la laissons faire.  Elle le fait par les excès d'une production optimale & continue.  Elle le fait par accumulation des déchets du vivant qui par recyclage tôt deviendront nourritures à l'étape suivante dans la chaîne alimentaire & ainsi une source de fertilité.

Ce que recherchent les jardiniers naturalistes comme Gilles Clément & Oliver Tranchard est d'appauvrir des points particuliers du jardin pour y laisser les phénomènes spontanés advenir, des plantes s'y installer en suite de la libération d'espace ainsi créée.  Le travail des jardiniers en un jardin en mouvement sera surtout d'observation & d'observance, puis d'interventions précises, ponctuelles & volontairement limitées dans le temps & l'espace.

 

En agrinature, nous visons surtout à enrichir le sol, à le protéger des érosions.  La perspective de ne plus craindre la pauvreté, allant jusqu'à la créer en quelques points choisis, ouvre une porte vaste vers une agriculture à naître.

Observer sans cesse, n'intervenir que par occasion, laisser aux processus naturels toute leur place sont trois êtres communs à l'agrinature & au jardin en mouvement.

 

En la pratique du jardinage fondé en certitudes & habitudes, l'appauvrissement est une action constante, largement dominante par le moyen des tontes, tailles, désherbages, brûlis & brûlage, destruction des rémanents ou même leur envoi en déchetterie désormais courant.  En son jardin d'agrément, le jardinier détruit sans cesse les productions en une recherche constante de l'apauvrissement du terrain.  Fertiliser signifierait une production accrue & donc d'avoir à couper, tailler ou tondre plus encore.  A l'inverse en la part souvent restreinte du jardin dévolue au potager, il lui est loisible d'importer des fertilisants achetés à vil prix.  Ces deux attitudes antagonistes sont rendues possibles par l'usage d'un grand nombre de machines, par une surabondance de l'énergie tirée du pétrole.  Elles sont héritées d'un passé où la conscience écologique n'avait pas encore germé.

Les jardiniers bio en la force de l'âge, conscients du caractère précieux de toute biomasse, recyclent quant à eux toutes les matières produites par le jardin.  Ils savent que rien ne vaut l'autofertilisation par laquelle des composts & mulchs riches de nombreux micro-nutriments & dépourvus de polluants ou toxiques sont obenus.

 

Sur une ferme d'antan, ces phénomènes d'appauvrissement & fertilisation différentiels existaient aussi.  Le fumier était utilisé surtout au potager familial près de la maison, ce qui représentait une migration de la fertilité depuis la totalité de la ferme en direction concentrique vers le lieu d'habitation, le corps de ferme.  Une exploitation des parcelles les plus éloignées des bâtiment pour la fertilisation des parcelles les plus proches existait bien, mais ces migrations se limitaient sur l'espace global d'une ferme qui fonctionnait comme une entité autonome en matière de fertilité.

L'éco-système de la ferme familiale fonctionnait par l'usage de deux voies.  D'une part, les eaux sales de la maison étaient recyclées dans la nutrition du sol.  D'autre part, il s'agissait à l'échelle de la ferme d'une auto-fertilisation : les migrations de matière se limitaient à la ferme, depuis ses parcelles périphériques vers les plus centrales.

Dans l'assolement classique d'une céréale en suite de plusieurs années de prairie, les mêmes processus de transfert de fertilité sont manifestés, mais dans le temps : la moisson prélève une grande part du stock d'azote d'une parcelle sur sol pauvre, puis la prairie ensuite, avec l'aide précieuse, l'action naturelle des animaux de bétail domestiqués, se charge de reconstituer en trois à cinq ans ce stock prélevé.

 

Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ?  Sans doute voulut-il démontrer la validité de sa méthode.  Sa pratique pourtant n'était pas d'auto-fertilité.

En la rencontre avec Gilles Clément, je perçois la direction que doit prendre désormais l'agrinature, celle d'une méthode inspirée de Fukuoka, mais avec comme guide de conduite de volontairement limiter à l'auto-fertilisation la capacité de production de l'entité qu'est une ferme ordinaire de petite dimension.

 

Si nous parvenions à ce compromis, nous unirions ainsi deux visions grandioses, complémentaires, celle du jardinier planétaire & celle du champion en rendement énergétique d'un champ.

 

4.18.3 - paysan & jardinier - a farm as a garden - 140404

 

commentaire de keriadenn le 01/04/2014 : Pourquoi Masanobu Fukuoka voulut-il être le champion du monde de la productivité en son champ de céréales ?  Est-ce pour illustrer comme tu le supposes délicatement la validité de son rapport à la nature ?  Si j'ai parfois lu des résumés de l'Agriculture naturelle par ce biais, je n'ai vraiment pas retenu cet objectif dans son travail...  Comment échapper aux règles & pressions si fortes de notre environnement humain demeure le fonds certes, d'autant qu'il nous façonne dès le plus jeune âge.  L'ayant rencontré en son grand âge & l'accomplissement trouvé, peux-tu aller jusqu'à entériner finalement que ce ne fut jamais son objet ou objectif que d'être le champion, ou encore que la performance ne l'a pas motivé, mais la révélation d'une vertu naturelle, celle de l'agradation spontanée des sols, & de l'abondante production comestible pour l'être humain qui peut s'ensuivre ?  A bientôt.

 

marssfarm le 01/04/2014 : Ta remarque Florence est fertile.
Le champion est un héraut, un émissaire qui au besoin combattra au risque de sa vie pour éviter que les armées ne s'affrontent selon l'adage : "Il faut qu'un meure pour que tous soient épargnés."
A ce titre, Fukuoka fut celui qui annonça le besoin d'un retour aux fondamentaux de la nature, la nécessité de produire avec franchise, voyant l'agriculture moderne glisser par paliers vers une industrie dévoreuse de pétrole, des techniques qui consomment plus d'énergie qu'elles ne produisent de calories en nourriture.
Au sens moderne du mot, il fut champion aussi de la productivité rapportée à l'unité de surface & en ce qui concerne le rendement énergétique de sa pratique.
Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il.  Jadis en agriculture, on ne cherchait pas forcément la production maximale, sachant que des récoltes trop abondantes feraient baisser les prix & que le revenu tiré d'une terre en fin d'année risquait ainsi d'en pâtir.  Les vieux savaient par expérience, empirisme & intuition que produire trop pouvait ruiner les stocks de nutriments de leurs sols & ce faisant exposer la caste des paysans à l'échéance d'une décennie à la ruine ou la famine.  C'est bien ce qui advint à la fin de la mécanisation en agriculture, rendant nécessaire la solution transitoire du subventionnement des activités agricoles.
En sa déclaration de son intention de produire autant que faire se peut, Fukuoka brise le tabou ancien, entrant franchement en la modernité, voyant le temps se profiler d'une malnutrition toujours en embuscade au coin des champs de la planète.
Son intuition se confirme.  Pourtant, les cours des produits agricoles suivent désormais ceux de l'énergie, calés eux-même sur les cours mondiaux du pétrole selon les transactions des financiers & spéculateurs.  L'intuition de Fukuoka se réalisera vraiment lorsque les sources d'énergie seront devenues si onéreuses que ce lien de prix cessera.  La nourriture retrouvera son vrai prix de bien très précieux lorsque les sols n'auront plus comme fertilisants que les sources organiques, les composts & broyats, les déchets des villes épurés des polluants - ce que nous pouvons envisager à l'échéance d'un siècle environ - cet impérieux nécessaire de produire autant que possible se justifiera alors pleinement.  La seule source d'énergie en agriculture nous sera alors le soleil & nous devrons tous devenir des experts & la captation des lumières qu'il nous offre & dont à ce jour nous ne savons utiliser qu'un cent-millième.
Quant à désirer être le champion par orgueil, nous savons la vanité mesquine de ce type de chimères.  Je crois à cet égard qu'il était libre de ces considérations, affranchi de leur pesanteur.  Au bout de trente années de fertilisations minutieuses, quel sol n'atteindrait pas la productivité maximale de l'agriculture de son temps ?  http://marssfarm.centerblog.net

 

keriadenn le 01/04/2014 : "Il est du devoir d'un paysan de produire autant que possible, disait-il."  Merci Ben : je garde ce qui est écrit ci-dessus particulièrement, avec tout ce que je conserve de lui en même temps, & ce que tu précises aujourd'hui.  C'est la parole d'un être à point, dégagé des influences néfastes & des calculs intempestifs.  Il sait ; il a réalisé.  Je ne peux m'empêcher d'aimer cet homme - à distance, & tout l'ensemble de sa vie.  J'espère pouvoir te dire aussi quelque chose sur le principal de ton article, Gilles Clément lui aussi architecte paysagiste, & le projet de la prairie fleurie.  Je me contenterai de remarquer une nouvelle porte, un seuil que tu franchis & qui risque de te mener beaucoup plus loin qu'une parcelle, vers un postulat en conciliation intense.

 

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Hanuman est l'image du singe qui réussit à animer sa mâchoire en vue d'articuler le nom.  Il est un singe devenu homme par dévotion à Rama, l'avatar de son temps.  A la fin de l'épique qu'est sa vie, Rama se trouve confronté au terrible démon Ravana, colosse à dix têtes qui symbolise l'homme hautement civilisé, mais limité au sphères du physique & du mental, sans pratique spirituelle vraie.  Dans le combat engagé contre le géant, Lakshmana, jeune frère de Rama est blessé.*
Par sa dévotion hors de notre ordinaire, hanuman développa des pouvoirs grandioses.  Le prince Rama le charge d'aller quérir l'herbe Sanjavani qui pousse sur une colline des Himalayas.  Hanuman part en sa quête, mais arrivant à la colline, immergé à son habitude en la répétition du nom sacré de Rama, il a oublié la physionomie de l'herbe qu'il doit cueillir.  L'alternative d'emporter la colline toute entière s'impose donc, ce qu'il s'empresse de faire.*  La foi transporte les montagnes dit-on.

 

Dix ans durant, sur la ferme de mars, je décidai de me défaire de toute connaissance en botanique.  Ne cherchant pas à identifier l'espèce d'une plante, j'apprenais simplement à les connaître sans les nommer.  Comment se comporte-t-elle ?  Quels lieux fréquente-telle sur les parcelles ?  Quel est son mode de relation aux autres plantes ?  Veut-elle cette année proliférer & est-ce en réponse à une action fautive en nos façons culturales ?  A laquelle des cinq formes d'adventices pouvons-nous la rattacher ?  Est-elle une fabacées qui enrichit le sol en azote ?  Telles sont quelques unes des questions que je posais à chacune des plantes adventices sauvages messicoles rudérales compagnes que les parcelles de la ferme hébergent en nombre & diversité croissants.

Il s'agit d'un dialogue, le plus souvent par le regard aidé des quatre autres sens.  Ces conversations nous permettent d'entrer progressivement en connaissance des plantes que nous rencontrons, approfondissant en suite de la découverte, chaque jour cette relation.  Les adventices en ces dialogues nous délivrent des informations en nombre sur l'état du sol de nos parcelles.

 

Se basant sur l'observation que chaque individu d'une espèce est différent d'un autre individu, que la variation du vivant ne saurait montrer une frontière si stricte, Fukuoka contesta l'idée même d'espèce.  C'est sur la base de cette observation qu'il n'est pas de barrière tracée une fois pour toutes entre les espèces nées les unes des autres par divergences & adaptations, que je choisis de ne plus nommer les herbes sauvages des champs de la ferme.  Je pressentais que les nommer présentait le danger de faire écran à les connaître mieux.  Je constate le bien-fondé de cette intuition : en cessant d'étudier les herbes de mes parcelles à la manière des botanistes, je pus les découvrir en une perception bien plus large, plus directe.  Je les connais bien, mais d'une connaissance fine, indéfinie & indicible, d'un savoir qui s'accroît sans cesse & n'a ni fin ni termes.  Ce savoir ne peut être nié.  La question se pose pourtant de comment en parler, puisqu'il s'élabora sans verbalisation, sans nommer les participants à ce dialogue visuel.

 

Le mode de pensée développé en occident nous demande de nommer les êtres & les choses.  Face à ce qui n'est pas nommé, le risque d'être considéré sans existence surgit.  C'est pourquoi je vais désormais recommencer de considérer aussi les noms d'espèce des plantes, ceux que les botanistes depuis Linné leur donnent, ceux que les personnes qui les utilisent leur accordent depuis les aurores de notre hominisation.

 

Ayant pratiqué les deux modes alternativement, celui du botaniste & celui du naturaliste holistique, il devrait m'être possible désormais d'observer les plantes tout en les nommant à nouveau, de combiner ces deux manières de la relation aux simples, en vue de pouvoir en parler mieux.

 

4.18.4 - aurores de l'humanité, fonder Agrinature - 140415

 

* In the epic tradition, towards the end of the story Laxamana, the brother of Rama, is gravely injured in a battle with Ravana. Rama asks Hanuman to fly to the Himalaya’s to gather & retrieve sanjavani, a life-giving medicinal herb that will cure Laxamana. Blessed with special flight powers, Hanuman leaps across peninsular India’s vast forested lowlands & river valleys to find the magic mountain in the mighty, snow-capped Himalaya. He successfully finds the mountain but is mystified by the abundance of different plants growing on it. So, in an ingenious master stoke that only a monkey god can perform, he carries the whole mountain southwards. Hanuman arrives in time & Laxamana is cured.

*A lesser-known part of the story is that as Hanuman flew southwards bits & pieces of the mountain are believed to have fallen off. Today, there are dozens of sacred groves & forests hillock along the Western Ghats & in Sri Lanka that host sites where these chunks of “Hanuman’s mountain” were reported to have fallen to earth. They host vegetation & life forms with a unique Himalayan affiliation, which is where the myth & biogeography come together.



observer mélanges trèfles semis-direct couvert-vivant - p

Agrinature, le non-faire en agriculture - nature is the doer

 

seigle & vesce germés au bas d'un talus vieux de cinq mille ans

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  • Agrinature développe la méthode d'agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka dont la base est la philosophie du "non-faire", une agriculture dont les trois seules ressources seraient : le soleil, la pluie, & l'humain - cf article 16.1
  • Agrinature is the name we gave to the natural farming method based on the "do-nothing” philosophy Masanobu Fukuoka restarted : Let us invent a way of farming out of three resources only - solar light, rain & the farmers.

Agrinature, le non-faire en agriculture - nature is the doer   (-) chapters & articles -

Agrinature, l'agriculture du ne rien faire -  Agrinature : nature is the doer - Fukuoka's natural farming - farm seeds - Wu Wei

  • création / 1 observer -- 2 mélanges -- 3 trèfles -- 4 semis-direct -- 5 couvert-vivant
  • / 1 regarder -- 2 rotations -- fabacées -- 4 semer de non-violence  -- nourrir de confiance

nourrissement / 3 engrais-vert de couvert permanent - 5 culture continue - 2 adventices de rotation - 4 semis - 1 apprendre

  • contrôle / 5 culture continue -- 4 semis direct -- 3 engrais-vert de fabacées -- 2 rotations -- 1 attendre
  • apprentissage / 3 EVA -- 1 percevoir -- 4 semis -- 2 ARE -- 5 restitution

centrement / 1 voir - 5 nourrir de couverts vivants - 3 semer EVA - 2 semer ARE - 4 semis direct dans le couvert - fabacées

 

observer mélanges trèfles semis-direct couvert-vivant - p - 140416

4.4 - une forme d'agrinature à tout tempérament - 2p

Pour résumer les articles précédents 4.2 & 4.3 , voici ici énoncés à la manière positive les cinq principes que Fukuoka affirmait en non-faire.  Les cinq non-actions correspondent aux cinq éléments du mode de pensée chinois en prenant comme équivalences le bois avec l'espace & le métal avec l'air, ainsi que cela est montré à l'article 20.9 .

 

L'équivalence entre les éléments & les cinq principes d'Agrinature s'écrit comme suit :

 

espace ou bois - (I) 1 observer    

feu ou énergie - (III) 3 trèfles       

               terre ou minéral - (V) 5 couvert-vivant (continu)

  air ou métal - (II) 2mélanges

 eau ou humidité (IV) 4 semis-direct  

 

La série qui suit le cercle (vers la droite) est le cycle Cheng de nourissement :

3 . 5 . 2 . 4 . 1 - (I) Cheng nourrissement engendrement :

  • 3 semer des engrais-vert de... - 5 couvert vivant permanent
  • 2 semer les adventices de rotation engrais-vert
  • 4 réaliser des semis directs, soit sans travail du sol
  • 1 apprendre sans fin en vue de nourrir le processus

Le cycle de nourrissement offre une approche pragmatique qui convient à des personnes jugeant que le sol du terrain en cause doit avant tout être régénéré.  Il s'imposera aux amoureux de la terre conscients des maltraitances que nous trop souvent lui faisons subir, aux jardiniers héritiers d'un sol fatigué qui voudront avant de recommencer tout prélèvement, le nourrir, lui donner l'assise qui plus tard s'exprimera.

 

L'étoile des éléments ou non-actions dessine (vers la droite) le cycle K'o de contrôle :

5 4 3 2 1 - (II) K'o contrôle domination :

  • 5 restitution sur place de toute production non destinée à la nourriture humaine
  • 4 le semis simple & la récolte sont les deux seules opérations indispensables
  • 3 maintenir un engrais-vert, couvert permanent à base de fabacées
  • 2 utiliser la science des mélanges d'espèces & des rotations entre les diverses familles de plantes
  • 1 savoir attendre en vue de se donner le temps d'observer ce qui advient

La séquence de domination pourrait agréer des praticiens déjà versés dans le mode biologique & souhaitant se convertir progressivement à l'agriculture naturelle.  En elle s'exprime le besoin indispensable de couvrir le sol avant tout, tout en simplifiant les pratiques, réduisant la masse des actes accomplis.

 

Les cinq pôles lorsque réliés du subtil au grossier en tournant sur l'étoile vers la gauche décrivent le cycle de création :

1 2 3 4 5 - (III) création (de l'univers) :

  • 1 observer - 2 mélanges - 3 fabacées - 4 semis direct - 5 culture continue
  • 1 percevoir voir
  • 2 mélanges ARE rotations - semer EVA fabacées
  • 4 semer ou planter en non-violence
  • nourrir de culture continue
  • 1 entrer en la conscience du faire & du non-faire
  • 2 développer notre science de savoir pratique
  • 3 actes en accord à ce qui précède - 4 semis de non-violence
  • nourrir d'abandon, de confiance en vue de réaliser l'être

Les personnes qui ont une base ou une perception de spiritualité préfèreront la séquence de création.  Elle sied aux disciples des arts martiaux par exemple, aux adeptes de la non-violence envers tous les êtres y compris les plantes, aux caractères à l'âme artiste, aux créatifs de jardins de beauté & d'expression libre ou libres d'expression.

 

La figure du quatrième mode, selon les centres d'énergie du corps humain est plus surprenante.

Elle illustre la position centrale au sein de l'univers (& dans le coeur) de l'élément 3, le feu ou énergie.

Elle compose (sur le cercle & selon l'étoile) deux triangles dont la pointe est le pôle trois, l'élément feu : 1 5 . 3 2 . . 4 3 . 1

(IV) centrement (du corps humain) :

  • 1 voir autant que possible l'état de ce qui est, la situation en ce qui concerne la fertilité & l'état sanitaire de l'écosystème qui en est la conséquence directe
  • 5 nourrir le sol toute l'année par le moyen d'une culture continue, une utilisation intégrale permanente
  • 3 semer EVA - 2 semer ARE - 4 semis direct dans les couverts ARE & EVA
  • 3 compléter tout semis réalisé par un EVA de fabacées

Le centrement exprime le binôme que constituent la prise de conscience du besoin de nourrir le sol & cesser de l'exposer, & la bonté qui actualise en l'instant, transcrit en actes cette perception holiste.  Il sied aux yogis vrais, ceux dont l'être - corps, mental & esprit - résonne en harmonique de celui de l'univers en l'instant.  Il convient aussi aux guerriers de la préservation des sols.

 

Un cinquième mode d'envisager le cycle des non-actions serait le cercle en tournant vers la gauche : 3 . 1 . 4 . 2 . 5.

Il est atypique en ce qu'il ne correspond ni à la tradition du Tao, ni à celle du Véda, faisant penser à l'application simple d'une recette par une observation fine tout en vérifiant à chaque étape du procédé que le mode fonctionne bien selon les critères exclusifs que sont l'augmentation de la fertilité & la réduction du besoin de faire.

(V) apprentissage :

  • 3 semer EVA de fabacées
  • 1 regarder l'état d'avancement du couvert & la condition du sol qu'il induit
  • 4 semis direct - 2 pratiquer les rotations & mélanges d'espèces complémentaires
  • 5 restituer intégralement au sol toute matière organique ci-produite

Ce mode de l'apprentissage semble très occidental, s'apparente à une approche scientifique.  Il plaira aux personalités rationnelles qui souhaitent observer pas à pas les conséquences du non-faire qu'elles appliquent.

 

Les diverses séquences montrent que chacun peut aborder la pratique selon son tempérament.

 

4.4 - une forme d'agrinature à tout tempérament - 140416

 

1 espace bois foie printemps colère 5 terre rate pancréas fin d'été pensée (réflexion souci) 4 eau rein hiver peur 3 feu coeur été joie 2 air métal poumon automne tristesse.

Le cycle Cheng de génération de la matière : le bois 1 nourrit le feu 3 qui nourrit (humus) la terre 5qui nourrit (extraction) le métal 2 qui nourrit (condensation) l'eau 4 qui nourrit (irrigation) le bois 1

Le cycle K'o de contrôle (des organes par exemple) : le bois 1 contrôle (perce) la terre 5 qui contrôle (retient) l'eau 4qui contrôle (éteint) le feu 3 qui contrôle (fond) le métal 2 qui contrôle (coupe) le bois 1

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Au temps de chamanes il y a quinze mille ans, des indo-européens migrèrent vers le nord-est & par Bering jusqu'en Amérique.  La méthode agricole de semis direct en couvert vivant des indiens d'Arizona & de Mexique, notamment les Hopis, est l'agriculture qui devra se répandre sur toute la planète si nous voulons vivre & grandir en sagesse.

 

Les éléphants

4.16 / 10.18 – le drainage de pédogenèse - p

Publié le 14/04/2014 à 15:43 par marssfarm Tags : farm seeds natural farming fukuoka agrinature vie animaux hiver éléments air
4.16 / 10.18 – le drainage de pédogenèse - p

10.18 - Nous voyons ici la prairie céréale complète en gestation, blés de population, vesce, moutarde, incarnat - 140414

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Par observation des parcelles au cours d'une année, nous pourrons creuser ces rigoles aux endroits des parcelles où elles s'avèrent nécessaires.  Elles seront utiles si des point trop humides existent où elles joueront le rôle de drain temporaire.  Elles sont de besoin aussi partout à l'inverse où des écoulements soudains pourraient se manifester pour empêcher ou freiner tout emportement du sol par l'eau en rendant obligatoire son infiltration.

 

Il s'agit bien d'un drainage d'irrigation, un drainage de pédogenèse qui rendra au sol, aux cultures & aux arbres & arbustes la capacité d'utiliser à l'optimum l'eau, les neiges & les pluies reçues par un terrain.  Lorsqu'un tel système de fossés & rigoles est installé sur des parcelles, les plantes & le sol fonctionneront à l'optimum que le climat & la conformation du lieu permet.

Dans de telles conditions, la genèse des sols est très active puisqu'ils sont toute l'année bien alimentés en eau, sans excès ni carence, autant que le ciel le permet & puisqu'ils sont habités de plantes en permanence.

 

Selon la classification des cinq éléments nous avions défini un sol comme l'espace prospecté par des racines.  Dans les sols ainsi nourris par des rigoles en ce drainage d'irrigation, les racines des cultures, des plantes & des arbres s'approfondissent sans fin.  En descendant plus profond, elles créent plus d'espace dans le sol.  C'est la pédogenèse par le bas.  La pédogenèse par le haut se réalise quant à elle d'une part par le gonflement d'un sol que structurent les activités de vie, croissance & développement des êtres vivants en son espace, les racines, les animaux foreurs, les lombrics & d'autre part par l'incorporation d'humus au sol.  Cet matière humus reçue est la nourriture, la substance & le moteur des activités de vie des végétaux, animaux, microflores & microfaunes du sol.

 

En permettant un usage total de l'eau reçue, si les rigoles creusées en des points des terrasses où elles se révèlent utiles, elles accomplissent réellement bien un drainage de pédogenèse.  Rendant libre & facile l'alimentation d'un sol en eau, elles contribuent à l'abondance de la vie en son sein.  Cette vie des animaux foreurs & des racines aussi définissent, accroissent le volume du sol, son espace. C'est ainsi que le drainage d'irrigation contribue à fabriquer le sol.

Nous définissions la richesse d'un sol par l'abondance des éléments les plus subtils que sont l'humus, l'air & le volume.  Le volume est d'espace, l'élément un, de la plus grande fertilité.

 

Comme dans les rizières, le complexe constitué des terrasses soli-pluviales & rigoles du drainage de pédogenèse permettent aussi un ajustement du niveau d'eau dans le sol, de le limiter en hiver ou en saison de pluies continues & le laisser naturellement monter en été ou pour retenir & mieux absorber les rares précipitations des périodes de déficit hydrique.

C'est un système où l'eau peut règler naturellement son débit à condition que les mesures anti-érosives aient été prévues.  Elles sont notamment des bassins de rétentions & des banquettes herbées en amont d'un talus.  C'est comme en l'écosystème des rizières un réseau de micro-parcelles où la présence humaine est nécessaire.  Il fonctionne par lui-même en incluant en son fonctionnement une très discrète intevention des humains du lieu.  En cela il exprime aussi l'esprit qui préside à l'agrinature.

 

4.16 – le drainage de pédogenèse - 140415

4.15 - le drainage d'irrigation - irrigation drainage

Publié le 14/04/2014 à 14:25 par marssfarm Tags : création travail article agrinature mars farm natural farming farm seeds oiseaux

Il est une seconde motion apparue sur la ferme de mars au fil des ans.  Nous pourrions la nommer le drainage d'irrigation ou drainage de pédogenèse.  Elle possède un lien organique à la terrasse soli-pluviale.

 

Dans le bocage conçu comme un système ancien de terrasses, ainsi qu'il fut exposé à l'article 7.5 apparaît le triptyque talus, haie, fossé.  L'essartage au néolithique érode le sol, faisant apparaître les pierres qu'il contenait.  Les paysans les collectent pour les déposer au bas du champ.  Ainsi apparaît le talus.  Entre les pierres du talus, les oiseaux sèment des fruitiers épineux qui progressivement tissent une haie vive.  Dans le berceau d'épines, s'installent plus tard des arbres de haut jet.  Selon la présence de sources ou d'écoulements, des fossés devront être creusés ensuite, parfois en amont du talus & parfois en aval de celui-ci.  Le fossé creusé en amont d'un talus sert à l'écoulement des eaux pour qu'elles traversent le talus & s'infiltrent en sous-sol à la faveur du système racinaire profond de la haie.  Un fossé creusé à l'aval recueille l'eau qui provient de la parcelle du dessus pour la faire s'écouler sans gène dans la parcelle basse.

 

Avant l'existence du réseau de terrasses qu'est le bocage, ces eaux qui s'écoulent étaient des ruisseaux temporaires, voire permanents.  La délimitation des parcelles au temps de leur création respectait à l'origine le faisceau des rus temporaires qui exista avant la venue des humains.  Il était calqué sur la position des sources, adapté aux lignes de talweg qu'elles tracent.  Avec le temps par érosion, le relief s'use, s'arrondit.  Till en Anglais provient de l'Allemand ziel qui donna cible en Français.  Avec l'invention du travail du sol, dès le début de l'usage de l'araire de bois, le sens d'origine de ce travail le limitait à tracer des lignes sur la terre, de petits sillons pour y semer les graines..

Pour s'adapter à ces pratiques, la configuration des parcelles évolua pour leur donner des limites plus droites, mais tout en maintenant aux eaux de surface la capacité à s'écouler.  Les parcelles étaient à la taille des humains & la gestion de l'écoulement forcément le fait du collectif, ainsi que ce jour toujours pratiqué dans les paysages de rizières.

 

Avec le regroupement des parcelles & l'extinction de la connaissance fine du terrain, conséquence du génocide de la caste paysanne en 1914, une grande part de ces fossés furent détruits, oubliés, ou disparurent au simple mépris des lois du sol qu'autorisent l'industrialisation du métier agricole avec l'emploi de machines puissantes & de produits de synthèse.  Les plus importants d'entre ces fossés, qui coïncidaient avec des ruisseaux plus permanents, on transforma parfois en drains ou pire en buses souterraines en vue de réunir des parcelles contigües.

A l'inverse des rigoles de surface qui fonctionnent en synergie du talus & de sa haie, les drains & buses sont des calamités du point de vue de la pédologie, de la climatologie, de l'agronome & des écologues naturalistes, car ils traitent l'eau comme une ressource accessoire, superflue, voire une ennemie, tendant à séparer le sol de son eau selon la même idée de l'agriculture chimique qui voulut dissocier les plantes de leur sol.

 

Les rigoles au bord des parcelles ou en d'autres points servent à deux effets.  En la saison hivernale, elles permettent aux eaux des précipitations de s'écouler lentement, nourrissant, fertilisant le sol.  En la saison estivale, elles peuvent jouer le rôle inverse de collecter les eaux d'excès lors de pluies soudaines ou au contraire continues, jouant en ce cas le rôle de canaux d'irrigation temporaires.

Ces deux mouvements vers le drainage de surface & vers l'irrigation de profondeur peuvent advenir en toute saison selon le régime des précipitations alternativement rares & abondantes.  Ils confèrent beaucoup de souplesse à l'économie hydrique de l'ensemple qu'est une parcelle habitée des plantes qu'elle porte, puisqu'en Agrinature, le sol n'est pas nu.  Ils permettent ainsi une utilisation maximale ou optimale de l'eau reçue par un sol & ses plantes & ce en tout instant de l'année.

4.15 – le drainage d'irrigation - irrigation drainage - to be continued... 140405

4.13 - terrasses soli-pluviales - drainage d'irrigation - 3

 

Nous introduisons du volume dans le jardin en mouvement.*

 

Avant les tracteurs, les terres étaient travaillées très en surface & selon les courbes de niveau, non pas parce que nos ancêtres étaient de plus de vertu que nous, mais simplement, car les animaux de trait n'avait la force musculaire que de cela.  En conséquence, les parcelles étaient à taille humaine & disposées en terrasses.

 

Ce qui rendait la culture en terrasses nécessaire était par exemple l'usage de la jachère qui  consiste à travailler un sol répétitivement, le laissant de ce fait toute une saison sans couvert.  Cet usage des jachères brunes nous montre que les méthodes anciennes étaient fort éloignées de l'agriculture naturelle qui consiste à garder toujours un sol couvert.  Pour trouver trace de l'agriculture naturelle, il nous faut voyager bien plus loin dans le temps vers la Rishi Keti de l'Inde védique ou dans l'espace, avec les traditions de semis sous couverts vivants & des mélanges d'espèces que pratiquaient les natifs des Amériques.

Les terrasses d'antan n'existaient pas par une vertu supposée des anciens.  Leurs talus n'étaient en fait que des limites de parcelles ainsi que cela est vu encore de nos jours dans les rizières des Philippines, d'Indonésie ou de Thaïlande.  Lorsque la pente est faible, comme c'est le cas en ces rizières, la terrasse n'est pas ourlée par un muret, mais d'un simple talus de terre.

 

Pour constituer le talus, il n'est rien à faire - do nothing.  Il s'établira de lui-même s'il est traité comme une limite, c'est-à-dire une ligne pas ou peu fréquentée du pied des humains & du bétail & épargnée de leur dent aussi.  Plus tard, souvent sur le talus ainsi épargné, des épineux s'installent qui le protégeront alors vraiment de la dent trop hardie & du pied trop véloce.  En ces processus d'apparition du talus & de son maintien, nous voyons le caractère spontané à défaut d'être naturel des micro-terrasses.  Elles se construisaient d'elles-mêmes par pratiques & traditions, selon les us & habitus du bon sens : il fallait pouvoir utiliser la terre sans qu'elle ne s'érode & délimiter les parcelles afin que chacun puisse reconnaître sa propriété.  C'est par ces deux nécessités que les micro-parcelles de jadis s'établissaient & se maintenaient, par interaction entre les forces naturelles & la fréquentation d'un lieu par des paysans

Pour le résumer en quelques mots, les terrasses existaient jadis par la nécessité du collectif agricole & rural du temps.  Ce qui justifiait leur présence à quadriller les paysages étaient l'absence de moyens mécaniques, la structure des parcelles en petites propriétés, & l'impératif d'empêcher les sol mis à nu de s'écouler avec les pluies de mars ou de juillet.

 

Ces terrasses spontanées d'antan - spontanées en ce qu'elles sont dépourvues de murets de soutien - nous les nommons "terrasses soli-pluviales" car elles sont bâties toujours par l'action conjuguée de la croissance des plantes & du sol & de l'effet des pluies à niveler le terrain entre deux talus.  Un talus sépare deux terrasses.  De ce fait, il empêche les eaux pluviales de s'écouler, les force à s'infiltrer dans le sol.  Par sa seule présence, son existence même, il permet aux terrasses de se constituer, car l'eau des pluies tend à rendre horizontal le sol de la terrasse en s'y infiltrant du fait qu'elle ne peut ruisseler.

 

Les terrasses soli-pluviales sont bâties, édifiées en continu en un mouvement sans fin ni interruption semblable à une réaction chimique d'équilibre où les deux réactions inverses ont lieu simultanément & de ce fait s'annulent.  Dans le cas des terrasses spontanées, deux forces égales & opposées interagissent aussi.

D'une part, l'énergie du soleil confère aux plantes la capacité de croissance de l'écosystème par production d'une biomasse qui va s'accumuler.  C'est cette énergie qui par les processus de l'humification est  dévolue ensuite aux êtres vivants du sol : les racines, les animaux qui creusent des galeries, les lombrics, les microflores & microfaune du sol.  Par leurs activités en son sein, ces êtres du sol font croître en volume, gonfler celui-ci.

La force qui d'autre part agit sur un sol en sens inverse de son gonflement est celle exercée par les précipitations.  L'eau permet la photosynthèse & la transpiration des plantes, mais avant cela, elle doit pénétrer le sol, l'imbiber, ce qui a l'effet inverse de niveler progressivement la terrasse à mesure qu'elle s'élevait par le gonflement dû à l'activité biologique.

 

Nous voyons ici que l'énergie lumière est une force qui élève le terrain, tandis que l'eau des précipitations rétablit son nivellement toujours.  De l'équilibre de ces deux éléments, le feu qui toujours monte & l'eau qui toujours descend, la terrasse soli-pluviale naît.  L'équilibre des deux forces continues ou alternées - vers le haut & vers le bas - est trouvé dans la formule biochimique de la photosynthèse qui utilise en égale proportion l'eau & l'air, la chaleur & la lumière.

eau + dioxyde de carbone + énergie = glucose + oxygène / H2O + CO2 + Energie = CH2O + O2

 

4.13.1 - du volume dans le jardin en mouvement - to be continued... - 140414

 

* Le film "le jardin en mouvement" retrace le parcours atypique de Gilles Clément, jardinier & architecte paysagiste, mais aussi écrivain.  Pour lui, le jardin ne se résume pas à un carré de belles fleurs, il est un lieu où s’exercent les utopies politiques, où se pratique la pensée scientifique.  Marqué par l’écologie, il remit en question l’art des jardins de la fin du XXe siècle en pratiquant le jardin en mouvement & développant les notions de jardin planétaire & tiers-paysage

- diffusions vendredi 28 mars 2014 à minuit & samedi 29 à 15h25 sur France 3 Limousin.

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Hors de la présence humaine il nous semble bien qu'il n'y aurait pas de terrasses, n'est-ce pas ?  En revanche, du fait que les humains subdivisent un lieu en parcelles, des terrasses spontanées apparaissent si une des deux conditions suivantes sont réalisées.  La première condition est celle d'une société humaine où les moyens d'action sont limités.  La seconde est celle de la prise de conscience par la société comme collectif du fait que nos actes, actions & pratiques induisent un risque d'éroder les sols, de favoriser l'emportement par les eaux d'écoulement ou les vents de leurs éléments les plus fins, les plus précieux que sont les argiles.

Il existe une corrélation souvent entre ces deux conditions.  Avec l'augmentation des moyens mécaniques & de la chimie que l'usage du pétrole permit, le développement des techniques & la multiplication des machines, se trouve menacé notre niveau de conscience en la matière de la fragilité des sols & de l'impératif qui en découle de les protéger.  Lorsque nous disposons de petits moyens, nous portons une attention extrême à chaque acte afin d'économiser autant que faire se peut nos efforts.  Avec l'augmentation des moyens, notre attention diminue en égale proportion.  C'est lors que nous commençons d'éroder les terres.  Redécouvrir les terrasses soli-pluviales s'inscrit à cet égard en une voie vers une reprise de conscience en agronomie, un retour à la pédogenèse, la reconstruction des sols.

 

En pratique, en Agrinature nous recherchons sur un terrain donné les positions possibles des talus qui deviendront des ruptures de pente, ces courbes de niveau où par choix nous cesserons nos déambulations vers le haut & vers la bas.  C'est la rupture de notre circulation sur ces lignes qui fera naître des ruptures de pente qui plus tard deviendront des talus.

Par lecture du paysage, nous pouvons déterminer, définir quelle sera la position, le lieu de ces limites entre terrasses, pour ensuite les reconstruire selon les traces du passé ou selon des tracés nouveaux.  En pratique, le choix sera souvent un compromis entre ces deux options car ancien & nouveau ne sont que des cadres de référence approximatifs, indéfinis.  Les passés eux aussi connurent bien des variations & ne sauraient à cet égard être une référence unique selon l'échelle de temps choisie.

Bâtir un talus entre deux terrasses soli-pluviales est un non-faire.  Ce talus naîtra de interruption de notre circulation sur une ligne de terrain que nous avons déterminée par avance, discernement & choix.  Le processus en entier d'établissement en terrasses demandera environ une dizaine d'année.  Il peut être accéléré par des semis ou plantations sur la ligne du talus.  Même si nous n'y faisions rien, nous abstenir de circuler sur cette ligne du terrain suffirait à ce que des plantes, arbres & arbustes spontanés s'y installent.  Ces plantes aussi, pérennes & annuelles, par expansion de leurs racines contribuent à fabriquer le talus, en désigner la position, en fortifier la structure.

 

Certes, ce temps fixé de dix ans peut paraître long.  Il n'est cependant pas un temps d'attente où rien ne se passe.  Au cours de ces années délicieuses, la configuration du jardin advient, les parcelles agricoles nouvelles se dessinent comme sorties de terre.  Au fil de ces ans, nous observerons avec attention, utilisant la mémoire du corps. Goûter ce spectacle d'un mouvement immobile de la terre convoquera en nous de l'imagination, de l'anticipation & de la subjectivité.

A chaque saison au cours de l'élaboration des terrasses, nous assisterons à un théâtre silencieux que les oiseaux égaient, la motion souterraine de ce sol qui contient les quatre cinquièmes des êtres vivants & de la biomasse des continents, le soulèvement de cette marée vivante que tant d'humains ne savent pas déceler.  Le sol qui nous porte flotte sur la croûte terrestre qui elle-même flotte sur le manteau.  Le sol aussi se mêle aux aquifères & porte comme un radeau les êtres vivants.  Comme la coque d'un navire est dans la mer, le monde vivant aussi est en sa plus grande part dans le sol, ce fluide.

 

Ayant introduit du volume dans le jardin en mouvement, nous prenons conscience de cette expansion possible d'un sol qu'on aime.  Au cours de ce court laps de dix ans, nous verrons le sol gonfler & notre joie s'expandra en proportion.  Ensuite, ce mouvement se poursuivra sans fin.  Nous ne nous y habituerons pas pourtant & il nous deviendra tout aussi indispensable que le vent, le soleil & la pluie, que l'hiver & l'été, que les joies & la peine.

 

4.13.2 - terrasses soli-pluviales - rain-sun terraces - to be continued... - 140325

4.15

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Comment se forme le paysage ? Quelles forces contribuent à son élaboration ?

Les cinq éléments se manifestent par la géologie, le climat, le vivant, les respirations, l'histoire, la culture & la modernité.

 

Nous pensons le paysage comme une image,

semblable à celle perçue au travers d'une fenêtre ou pire encore comme le tableau d'un maître.  C'est oublier que nous pourrions faire usage des cinq sens & que d'entre-eux la vue est le plus grossier.

 

Le paysage est en marche.  C'est par la marche surtout que nous pourrons l'habiter.  Randonner en un pays sans pensée, toutes perceptions des sens ouvertes, c'est méditer enfin sur sa réalité supposée.  Apercevoir, ressentir, savoir, traverser un terroir comme chaussés de bottes de sept lieues, portés par l'oxygène pur des contrées libérées.  Écouter la cloche au loin qui échoie l'heure d'un village oublié.  Anticiper les effluves du lavandin sous les neiges de décembre.  Sentir le vent porteur des mémoires effacées.  Goûter le serpolet auprès de la source qu'une lune caressera bientôt.

 

Nous voyageons dans un paysage.  Il façonne notre percevoir.

Il nous relie aux anciens mondes.  Nous le déciderons plus tard.

 

Par les cinq sens nous formons contact envers les éléments qui se manifestent en cinq formes d'action.

L'élément terre sont les roches que l'orogenèse disposa ici il y a de cela long temps.  Des montagnes sortirent de l'océan, élévation verticale sous la poussée potentielle en stock dans le manteau terrestre.  L'eau des déluges, la neige & la glace des froidures, érodèrent la montagne faisant descendre les atomes de son roc vers des plaines nouvelles.

La chaleur du soleil fit pousser les plantes en forêts entières de Carbonifère luxuriance élévation verticale renouvelée.  Ainsi la biosphère à son tour s'édifie, enfle la terre d'habitants qui la peuplent, plantes & animaux en combats singuliers, coalitions fougueuses.  Le vent lors emporte la danse, vecteur horizontal.  Blizzard, il recouvre tout de givre, fœhn il réchauffe, ou vent de mer qui transporte les pluies ce façonneur génial d'un pays.

 

L'élément le plus subtil & qui de ce fait contient les quatre autres est nommé espace en son terme de neutralité,

éther si nous le subodorons un canevas qui sous-tendrait tout ce qui entre en existence,

le temps enfin lorsqu'il rend possibles les transhumances, les transmutations,

les métamorphoses, évolutions, & métempsychoses.

 

L'espace se manifeste sous les formes des activités biologique & humaine. Il se poursuit en migrations, artisanats, tradition, les formes de la culture, l'historiographie du passé & les décisions de la géopolitique.

 

4.13.5 - la marche sans pensée à habiter la terre - to be continued... - 140407

 

  • Foehn wind : A föhn or foehn is a type of dry, warm, down-slope wind that occurs in the lee of a mountain range. It is a rain shadow wind that results from the subsequent adiabatic warming of air that has dropped most of its moisture on windward slopes through orographic lift.When the wind blows from inland, the result is hot dry foehn winds. The difference in moist adiabatic lapse rate & the dry rate is the cause of foehn wind phenomenon also known as “Chinook winds'' in parts of North America. Wikipedia

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keriadenn le 22/03/2014 : Bonjour Ben, je ne donne suite qu'à ton premier paragraphe, l'autre est de ceux que je lis aux moments "olympiens".  Se pose la question de la terre, l'humus, le substrat qui va remplir les godets.  Je viens de transplanter de nombreuses plantules d'artichaut germées à même la fleur fanée du pied-mère, du fait de cet hiver doux quoque tempétueux, dans un mélange à base de broyat de chanvre récupéré près d'une zone de stockage agricole.  Ce mélange me paraît intéressant & je le teste.  En quelques points, il grouille d'animation, de vers de terre.  J'ai un faible inconsidéré pour ces animaux, qui peut faire sourire le psy qui rigole au café du commerce, mais leur fragilité, leur lumière rosée, leur grâce ondulant dans l'épiderme de notre planète me ravissent.  J'ai lu dans un cahier de Biodynamis que du sang rouge - avec fer - coulait en eux.  L'autre idée qui me tente est de caler le godet dans le terrain d'implantation définitif, en transférant le volume de terre soustrait dans le godet.  J'aurais tendance à mulcher autour du plant avec des herbes vigoureuses coupées ici et là, tendres ou non. Je peux te communiquer une photo de la "vieille" ! fleur d'artichaut et de sa première plantule !  Quelle joie ce fut alors de la découvrir.


marssfarm le 22/03/2014 : Bonjour Florence.  La photo m'intéresse, oui.  Le substrat des godets & alvéoles est d'humus.  On peut utiliser le terreau de dessous le tas de compost.  Si le godet est petit & la plante peu exigeante en nutriments comme les laitues, tout substrat léger convient.  Pour les plantes plus exigeantes comme les courges, les choux, les tomates & les plus grandes quantités, on peut acheter le terreau du commerce.  Le trou de plantation devra être plus petit que la motte à y introduire afin de planter en très légère butte.  En un sol tendre comme il devrait être le cas en Agrinature, il est intéressant de planter à mains nues, soit sans outil.  Le verbe planter tire son origine du fait qu'il était loisible de tasser la terre avec le pied en finition de l'acte.  A l'inverse, en Agrinature, nous ne tassons pas.  Former au contraire la petite butte avec un peu de sol ou terreau rapportés & planter de préférence avant une pluie qui tassera le sol bien assez.  En cas de sécheresse, c'est le premier arrosage qui installera le plant en sa place nouvelle.

Planter sans outil pour peu que nous n’ayons pas à le faire tout le jour ou tous les jours sous peine de voir les extrémités de nos doigts rongés, est un mode de travail qui offre une relation directe du corps au sol.  Pouvoir procéder ainsi est un test de santé du terrain, de l’extrême tendreté qui caractérisera ceux que nous traitons avec la tendresse qui sied au jardiniers en non-violence.

9.12 un méteil seigle blé en année zéro de la rotation - 4p

9.12 un méteil seigle blé en année zéro de la rotation - 4p

Il s'agit du semis en pépinière des blés populations mêlés de vesce réalisé en novembre 2011 avec les semences paysannes collectées sur cent fermes du réseau dès 2010. - 9.12.4 - tallage du blé population semé novembre 2011 - 140415

9.19 - un méteil seigle blé en année zéro de la rotation - p
 
  il est d'intérêt de semer des céréales population, un méteil blé & seigle par exemple, en année zéro de la rotation par semis direct en ligne.  Nous ouvrons les lignes en un sillon léger où les grains sont semés avant d'être cachés des oiseaux en les recouvrant d'un peu de sol, de terreau, de compost brut de déchets, de fumier ou de paille, ou même d'un peu de paille brute ou de bois raméal fragmenté.
Si le couvert EVA a été établi un an auparavant, un semis en surface sans toucher le sol peut être tenté, car alors le couvert suffit au camouflage du semis de septembre.  A la différence de ce que cette photo montre, nous sèmerons ensuite EVA encore en regarni, en septembre, puis en février, mars, avril, juillet & août.
ARE quant à lui peut être semé dans la céréale presque mure au début de juillet.
Pour une récolte d'une tonne de céréales par hectare avec un couvert complet d'EVA, l'export d'azote sera nul, ce qui signifie que l'emport de la moisson des grains est compensé par l'apport du couvert des fabacées en sous-étage des pailles.  Ne récoltez que les épis, puis coupez les pailles en place tout de suite après la moisson.
Dire ce méteil année zéro de rotation au jardin signifie  en jardinage ordinaire qu'un apport de fertilisant organique sera donné au sol dès la moisson réalisée.  Compte-tenu de la couverture permanente & de la récolte modérée, le sol aura accru sa fertilité au cours de l'année écoulée par trois voies en simultanéité : l'apport d'azote qu'EVA insuffle, la décomposition du réseau dense des racines de céréale, & la restitution des pailles après la moisson.  Ces trois apports suffiront par la suite aux cultures d'année deux, trois & quatre de la rotation.
Si nous voulions en revanche cultiver des plantes d'année un telles que les choux, les poireaux, les potimarrons, les pommes de terre, les épinards, il est raisonnable d'envisager une fertilisation organique en la proportion nécessaire.  Une alternative au cas où nous souhaiterions par principe ne rien apporter d'extérieur au sol, serait une année un de fabacées telles que la féverole, les pois, les haricots ou le soja.  La troisième possibilité serait d'envisager des cultures combinées, des cultures de mélanges où les fabacées côtoient les plantes des autres familles.
 
9.12.3 - un méteil seigle blé en année zéro de la rotation - 140404

 

9.17 - carottes semées dans le couvert de trèfle - 0 p

 

9.12.1 - carottes semées dans le couvert de trèfle - 140407

 

9.18 - chicorée en semis direct dans le trèfle - 0 p

 

9.12.2 - chicorée en semis direct dans le couvert de trèfle - 140415

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